Cédric Van Styvendael sur la lutte contre le sans-abrisme

Cédric Van Styvendael sur la lutte contre le sans-abrisme

La Commission permanente délibérait aujourd’hui sur la mise en place de conventions tripartites entre les villes de Lyon et Villeurbanne, la Métropole de Lyon et l’État pour résorber le sans-abrisme sur son territoire. Cédric Van Styvendael, Maire de Villeurbanne, s’est exprimé pour le groupe socialiste.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

C’est à la fois avec joie et avec gravité, que je veux me féliciter de cette convention, à l’initiative de laquelle je ne suis pas totalement étranger. En tout cas, une vraie satisfaction de voir aboutir un combat sur un sujet qui me tient à cœur de longue date.

En effet, la persistance d’un sans-abrisme structurel dans un pays et dans une agglomération, une région et un pays aussi riches est un scandale et une forme de honte que nous portons toutes et tous en bandoulière. En particulier les élus.

Sur ce territoire où l’Abbé Pierre est né et a grandi, nous portons toutes et tous la responsabilité collective d’une seule personne contrainte de dormir à la rue. Porter chaque élu en responsabilité, chaque soir où une seule personne est contrainte de dormir à la rue.

Ce scandale est d’autant plus insupportable que nous avons largement les moyens d’y mettre fin. Ces dernières années, il y avait quoi ? 3 000 personnes en moyenne à la rue sur une année ? Avec nos 150 000 logements sociaux, avec nos 15 000 places d’hébergement, avec nos CADA, nos lits de repos, nos pensions de famille, nos résidences sociales, nous n’arriverions pas à répondre à ces 3 000 personnes ? Et s’il en venait d’autres l’année suivante, nous n’arriverions pas à les accueillir eux non plus ?

Nous le voyons bien, Monsieur le Président, mes chers collègues : nous ne manquons que d’ambitions et d’organisation, entre les différents niveaux de collectivités publiques concernées.

Et l’histoire récente nous invite à nous hisser à la hauteur de l’enjeu : la crise sanitaire a été l’occasion d’un effort important de l’État pour loger toutes les personnes à la rue ; l’ensemble des acteurs locaux, y compris les bailleurs sociaux et les associations se sont entendues sur un principe inédit de « zéro retour à la rue. »

J’ai travaillé pendant 20 ans dans ce secteur et je vous le dis très clairement, je n’ai jamais été témoin d’une telle cohérence des acteurs autour des situations individuelles les plus dramatiques. Ni sur le Grand Lyon, ni sur un autre territoire. Le changement d’exécutif a été l’occasion d’accélérer, de porter de nouvelles ambitions. Nous avons, sur Villeurbanne, ouvert de nouveaux lieux de vie, de nouveaux services, pour étendre les réponses. Je veux aussi saluer l’engagement des élus métropolitains, à commencer par celui de Renaud Payre, autour du relogement du collège Maurice Scève, de la convention sur le squat du quai Arloing. La Ville de Lyon n’est pas en reste et je salue aussi l’effort particulier fourni par notre collègue Sandrine Runel, avec Grégory Doucet, pour reloger les jeunes en errance de la rue de la République.

Cet élan doit aujourd’hui se donner un but et une forme, pour ne pas s’éparpiller en myriades d’initiatives dont nous serions incapables de mesurer si elles s’ajustent à la gamme des besoins.

Le but, c’est d’être la deuxième agglomération en Europe à avoir résolu le sans-abrisme en 10 ans : Helsinki, la capitale finlandaise, a affiché cet objectif et y est parvenu. Nous avons en main tous les éléments qui nous permettent cette ambition.

Nous ne nous donnons pas une obligation de moyens : nous nous donnons une obligation de résultat !

Et cet engagement commun, nous nous donnons un cadre collectif pour le tenir, Villes de Lyon et Villeurbanne, Métropole et État, et toutes les communes qui voudront s’y associer ensuite, quelle que soit leur couleur politique. Ce sera notre honneur à tous, et la plus belle satisfaction qui soit, si nous y parvenons. C’est donc avec émotion, que j’accueille la ratification de cette convention ; une émotion que je vous invite à partager, Monsieur le Président, chers collègues de la majorité, mais aussi de l’opposition ; l’enjeu est assez important pour pouvoir nous rassembler toutes et tous.

Je vous remercie de votre attention.