Cédric Van Styvendael sur Territoires zéro chômeur longue durée

Cédric Van Styvendael sur Territoires zéro chômeur longue durée

Le chômage de longue durée est un fléau qui rend toujours plus difficile le retour au travail. Pour lutter contre cette précarité, la loi du 29 février 2016 a permis les expérimentations territoriales pour le résorber. Ayant démontré ses effets sur Villeurbanne, l’expérimentation va être étendue à 8 autres territoires de la Métropole. Cédric Van Styvendael est intervenu pour le groupe.

Seul le prononcé fait foi


Madame la Vice-Présidente Hemain, chers collègues,

Cette délibération d’attribution de subventions aux associations œuvrant pour l’expérimentation TZCLD dit deux choses.

D’une part, cinq ans après la loi d’expérimentation territoriale visant à résorber le chômage de longue durée (loi du 29 février 2016), portée à l’époque par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale, elle prouve par les faits que cette innovation est une réussite. 

D’autre part, elle atteste, avec le succès du Booster, que c’est en faisant confiance aux territoires pour expérimenter que collectivement nous parvenons à nous dépasser.

La première des deux subventions sur laquelle nous allons délibérer est consacrée à l’association ETCLD (fonds national d’expérimentation contre le chômage de longue durée).

Elle correspond au cœur du dispositif prévu par la loi : la mobilisation des coûts liés à la privation d’emploi en faveur de l’emploi des personnes volontaires.

Ainsi, au niveau métropolitain, cela correspond au fait de verser une subvention équivalente au montant du RSA que les chômeurs de longue durée auraient perçue s’il n’y avait pas eu l’expérimentation.

Cette somme est versée au Fonds afin de financer la rémunération des salariés embauchés par les entreprises dédiées (les EBE, entreprises à but d’emplois).

En 2020, ce sont donc 22 personnes du territoire de Saint-Jean (soit 25% de l’effectif total d’Emerjean) qui, au lieu de percevoir le RSA et de risquer ce que ce statut implique en termes d’exclusion sociale et de grande précarité, ont travaillé pour l’Entreprise à But d’Emploi Emerjean.

Que ce soit dans les activités de couture, de cuisine, de réemploi ou encore de réparation de vélos, toutes sont tournées vers les habitants et les entreprises du territoire.

Les résultats de l’évaluation locale de novembre 2020 sont probants pour les salariés : amélioration du niveau de vie ; de l’estime de soi, reconstruction de lien social, montée en compétences et employabilité améliorée.

Et ce à un coût neutre pour la collectivité (montant de la subvention = montant du RSA non versé).

La deuxième subvention est attribuée à l’association Le Booster, et c’est ce sur quoi je souhaite insister aujourd’hui.

Cette structure créée en février 2017 est unique en France, c’est une spécificité villeurbannaise parmi les 10 territoires de l’expérimentation. Depuis 4 ans, elle agit pour le compte du comité local pour l’emploi, avec plusieurs missions :

  • Fournir un emploi à tous les demandeurs de la liste d’attente, c’est le Booster de talents ;
  • Développer de nouvelles activités sur le territoire, c’est le Booster d’activités ;

Et remplit désormais avec 2 objectifs complémentaires :

  • Orienter les demandeurs vers des opportunités hors du cadre de l’entreprise à but d’emploi ;
  • Accompagner les salariés d’Emerjean dans le cadre de leur mobilité professionnelle (Re-Booster).

Le Booster occupe donc un rôle majeur dans la réussite de l’expérimentation TZC et au-delà dans la lutte contre le chômage ; elle est la porte d’entrée dans l’expérimentation mais représente aussi les perspectives de sortie réussies ; elle est le pont entre Emerjean, les demandeurs d’emploi, les institutions publiques, les habitants, les associations, les entreprises ; elle génère la dynamique de création d’activités nouvelles, porteuses d’emploi non délocalisables.

En un mot et pour reprendre la terminologie du Fonds, elle est l’outil par excellence de l’exhaustivité partenariale.

La subvention soumise au vote aujourd’hui pour le Booster se répartit en 2. Alors qu’une partie (30 K€) est consacrée à Saint-Jean, plus des 2/3 de la subvention (75 K€) sont fléchés vers les candidatures des communes de la métropole.

Cela illustre tout à fait mon propos introductif : cette innovation villeurbannaise qui a fait ses preuves à Saint-Jean, peut aujourd’hui bénéficier à l’ensemble des territoires métropolitains dans le cadre des candidatures à la 2ème loi d’expérimentation.

Louis GALLOIS l’a dit lors de sa venue à la métropole, la sélection qui s’opère dans le cadre de la deuxième vague de candidature s’apparente moins à un concours qu’à un examen.

Une fois l’ensemble des critères atteints, alors chaque territoire sera habilité.

C’est donc bel et bien en la jouant collectif que nous avons le plus de chance de l’emporter et dans ce contexte je nous félicite de la chance que le Booster représente pour nos candidatures métropolitaines.