Dominique Crédoz sur les femmes enceintes sans domicile fixe

Dominique Crédoz sur les femmes enceintes sans domicile fixe

Cette délibération a pour objet la création d’une permanence d’accès aux soins de santé dédiée à la périnatalité, à l’hôpital Édouard Herriot dans le troisième arrondissement de Lyon, en partenariat avec les HCL et l’ARS. Elle permet aussi de mettre en lumière ce phénomène de société dramatique et trop peu considéré. Dominique Crédoz est intervenue pour le groupe lors de ce Conseil du 28 septembre 2021.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

Je souhaitais mettre en lumière cette délibération qui porte sur des femmes sur qui hélas les projecteurs ne sont que trop peu braqués. Car ce rapport permet d’insister sur un phénomène de société dramatique et trop peu considéré, les femmes enceintes et les nouveau-nés à la rue. En 2019 était sorti un film de Louis-Julien Petit, dont le titre qualifie parfaitement la situation de ces femmes précaires sans domicile fixe. Il s’intitulait « Les invisibles ».

Ces dernières années, la massification de la pauvreté, la hausse des ruptures familiales qui jettent les plus fragiles dehors, la saturation des dispositifs d’hébergement et d’asile ont fait et font que de plus en plus de ces femmes se retrouvent sans toit, sans solution d’hébergement adapté.

Ces situations conduisent à des problèmes de santé majeurs, des grossesses pour le moins difficiles et ont des conséquences, outre leur santé, psychologiques et sociales. En effet, difficile d’avoir un suivi de grossesse quand on est sans domicile fixe. 

Plusieurs études montrent qu’il y a 3 fois plus de prématurés et 2 fois plus de naissance de bébés de petits poids chez les femmes à la rue. À leur sortie d’hôpital, leur situation n’est guère meilleure.

Isolées, en souffrance psychique, elles ont du mal à imaginer un avenir meilleur avec leur nouveau-né. Les hôpitaux essaient de les garder plus longtemps que nécessaire, mais cela a nécessairement un effet sur le nombre de places disponibles, dont on a vu combien elles ont manqué.

Comme le soulignent Médecins du monde, être à la rue enceinte ou avec un nouveau-né ne signifie pas de toit mais également un risque périnatal élevé, pas de couches, pas de vêtements propres, pas de protection contre le chaud ou le froid, peu de solutions pour manger et se reposer, pour allaiter, pour prendre soin d’un bébé ou simplement de soi.

La création de cette permanence d’accès aux soins de santé (ou PASS) dédiée à la périnatalité à l’hôpital Édouard Herriot, pour laquelle la Métropole met à disposition à mi-temps une sage-femme va permettre un meilleur suivi de ces femmes et ainsi diminuer la morbidité maternelle et infantile.

Nous devrons continuer sur cette voie. En attendant, le groupe Socialistes, la gauche sociale et écologique & Apparentés votera bien évidemment favorablement ce rapport.