Au Conseil

Intervention de Sandrine Runel sur la Stratégie Alimentaire Métropolitaine au Conseil du 24 juin 2019

Retrouvez ci-dessous l’intervention complète de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste à la Métropole, sur la Stratégie Alimentaire Métropolitaine lors du Conseil du lundi 24 juin 2019 (délibération n° 2019-3625). L’intervention a été faite au nom des groupes EELV, PRG et socialiste.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Président, chers collègues,

J’ai le plaisir de m’exprimer au nom des groupes EELV, PRG et socialiste.

L’alimentation est un enjeu majeur du XXIe siècle. Comment nourrir durablement et dignement, voire convenablement, l’ensemble des habitants ? Comment s’engager vers une alimentation durable, et inclusive ?

Nombreuses sont les communes qui mènent depuis des années des actions en faveur de l’alimentation ou de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Une chose est sûre, cette stratégie alimentaire est une énième émanation d’un changement de paradigme global.

À l’aune de la concertation qui vient de s’ouvrir sur le Plan Climat Air Énergie Territorial, et de la réflexion engagée pour une meilleure valorisation des déchets, la Stratégie alimentaire de la Métropole de Lyon porte une ambition forte pour répondre de façon concrète aux défis écologiques, économiques, alimentaires, sanitaires et territoriaux d’aujourd’hui. Nous avons la nécessité de développer un système nutritionnel durable, local, en circuit court.

Nous avons également la responsabilité de favoriser l’accès de tous à des aliments sains, locaux et abordables. Pour y parvenir, la mobilisation de tous les acteurs du territoire est indispensable. C’est une politique transversale ambitieuse à l’échelle de notre territoire. Elle nous concerne tous.

Cette stratégie alimentaire doit permettre de garantir l’évolution vers une consommation durable et développer entre territoires les ressources positives d’un avenir commun.

Notre territoire métropolitain même s’il est très urbain, est en proximité de territoires plus ruraux et agricoles. C’est ce bassin de vie régional qui fait la richesse de notre Métropole et nous permet aujourd’hui de développer une alimentation locale, de mettre en place des circuits courts, de travailler avec des agriculteurs proches de nous.

Nous devons encore aller plus loin et développer de nouveaux partenariats avec les territoires ruraux pour encourager les circuits courts alimentaires et protéger les terres agricoles de leur artificialisation. Il s’agit d’une formidable opportunité de renforcer les solidarités et les réciprocités entre habitants des villes et des campagnes, en résumé d’instaurer une réelle et concrète inclusion territoriale.

Avec seulement 4.6% de l’alimentation produite localement, c’est mécaniquement 95% des produits de nos terres qui sont exportés. Notre modèle actuel a montré ses limites, tant en termes d’incidence sur l’environnement qu’en termes d’incidences en matière de santé publique, avec une mortalité liée à la mal bouffe supérieure à celle liée au tabac ou à la sous nutrition.

En tant qu’élus nous avons la responsabilité de garantir la santé et le bien être des habitants. Notre métropole se donne ainsi les moyens de contribuer de façon significative à la transition écologique du territoire et à la lutte contre la précarité alimentaire.

Fruit d’une élaboration collective, ce document pose les bases d’un avenir plus équilibré, plus complet et plus sain.

Avoir associé différents types d’acteurs était un préalable nécessaire. La rencontre de différents milieux – logistique, agricole, éducatif, économique, social et solidaire, de la distribution ou encore gastronomique – a permis de mettre au point un document cohérent et déclinable en de multiples politiques publiques concrètes et opérationnelles.

Il y a urgence à agir.

Il nous faut permettre à toutes et tous d’avoir accès à une alimentation durable, saine, locale, abordable et respectueuse de notre environnement. L’enquête menée dans le cadre de ces travaux fait état de constats alarmants, notamment sur la question de la précarité alimentaire : 15% de nos concitoyens ne mangent pas à leur faim, et un ménage sur trois estime ne pas avoir les moyens de s’alimenter. Et pourtant, pas moins de 90% voient l’alimentation comme un enjeu majeur de la santé, c’est donc bien un problème d’inégalité.

Mais au-delà des chiffres, c’est un constat partagé depuis de nombreuses années que les situations de précarité ne concernent pas seulement l’emploi ou le logement, mais également l’alimentation et de ce fait la santé des citoyens les plus en difficulté. La subdivision en 11 objectifs de la finalité évoquée « Permettre l’accès à tous les habitants à une alimentation de qualité » doit nous permettre de répondre efficacement et rapidement à ces défis.

L’on ne peut donc que se ravir de voir cette stratégie déjà se traduire en actes, notamment par le référentiel sur les collèges que nous allons voter ou encore l’expérimentation menée à Vaulx d’une filière alimentaire de proximité.

D’ailleurs, et j’en terminerai là, en parlant de fin de mandat Monsieur le président, d’ici quelques mois nous devrions voter le nouveau Règlement Local de la Publicité intercommunal. Dans le document SAM sont évoquées plusieurs pistes qui pourraient être mises en œuvre dès septembre. Citons la piste de travail n° 3 de l’objectif 2, soit l’intégration de la politique alimentaire dans la réflexion publicitaire à l’image d’Amsterdam, et de l’interdiction de la publicité pour les produits ultratransformés dans les transports collectifs. Ce serait un geste supplémentaire significatif d’une volonté de concrétiser les mots transcrits dans ce document.

Il nous reste encore du temps, dans cette mandature, pour accélérer le mouvement et répondre rapidement à la poly-urgence à laquelle nous faisons face, poly-urgence qui ne fait que renforcer les inégalités au fur et à mesure que le temps passe.

Nos trois groupes voteront donc favorablement ce rapport.

Je vous remercie.