Intervention de Philippe Prieto sur la vidéo-verbalisation

Intervention de Philippe Prieto sur la vidéo-verbalisation

Philippe Prieto s’est exprimé sur le développement de l’expérimentation sur la vidéo-verbalisation, à l’occasion du Conseil municipal du 28 janvier 2021

Seul le prononcé fait foi


Notre groupe n’est pas dogmatiquement  opposé à la  vidéo-verbalisation, mais constate simplement que ces moyens onéreux se substituent trop souvent pour pallier à une politique de réduction des effectifs de police au détriment de leur présence sur le terrain.

Philippe Prieto

Monsieur le Maire,                                                                                                         

Mesdames Messieurs,

Chers collègues,

Je m’exprime une nouvelle fois sur le thème de la vidéoverbalisation. La sécurité est évidemment un sujet que nous avons tous à cœur et pour lequel nos concitoyens attendent des actions et du résultat. C’est bien de cela dont il est question.

En matière de sécurité, gardons nous de tout manichéisme, il n’y a pas d’un coté le camp de ceux qui garantissent  la sécurité pour tous et de l’autre celui des laxistes.

Nous comprenons qu’en matière de sécurité aucun levier, aucun outil ne doit être  négligé par principe mais aucun non plus ne doit être érigé comme un totem autour duquel nous devrions tourner. Nous ne sommes ni des indiens ni des cowboys.

La question qui se pose est seulement de savoir comment utiliser  chaque dispositif et comment  l’articuler avec les autres. Notre groupe n’est pas dogmatiquement  opposé à la  vidéo-verbalisation/protection, mais constate simplement que ces moyens onéreux se substituent trop souvent pour pallier à une politique de réduction des effectifs de police au détriment de leur présence sur le terrain. Je réaffirme  notre attachement à l’existence d’une police municipale de proximité, qui connaît les réalités du terrain, qui protège et qui rassure nos concitoyens.

Sur la vidéo, en revanche, je serai bien en mal de vous parler de ses effets, tant les études à ce sujet, y compris celle financée par la Ville en 2016,  lors du mandat précédent, ne parviennent pas à conclure sur son efficacité.  Je fais référence à un travail de recherche dans le cadre d’une thèse universitaire qui n’a pas conclu sur l’efficacité du dispositif de Vidéosurveillance de la Ville de Lyon.

En matière de sécurité, nous sommes attachés au tryptique Prévention-Répression-Réinsertion.

Nous, nous n’excluons pas, par principe, le recours à la  vidéo mais  nous  souhaitons reaffirmer l’importance d’une police de proximité et de l’intervention préventive d’éducateurs et de médiateurs de rue. C’est exactement ce qui est initié ou poursuivi dans le 8ème arrondissement avec Olivier Berzane.

Cette expérimentation, que la majorité précédente a initiée ne saurait être poursuivie ni développée  sans que son cadre de mise en œuvre, ses effets, ses coûts et son efficacité ne  soient effectivement  évalués.

Car nous ne pouvons accepter, qu’il s’agisse de ce dispositif ou d’un autre, que des politiques publiques soient mises en œuvre sans qu’il soit permis d’en mesurer les effets. La pertinence de l’action publique passe aussi par ces processus d’évaluation et ne peut qu’en être renforcée.

Aussi, je tiens à saluer l’ouverture à la discussion dont vous avez fait preuve M. l’Adjoint à la sécurité, en acceptant d’une part de réduire le délai de prorogation de cette expérimentation  et d’autre part de procéder  à l’issue à son évaluation.

Concidérant les aménagements consentis dans cette délibération, notre groupe Socialistes, la Gauche sociale et écologique votera en sa faveur.

Je vous remercie,