Au Conseil

Intervention de Sandrine Runel sur le Budget 2020 au Conseil du 20 janvier 2020

Retrouvez ci-dessous l’intervention complète de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, sur le budget primitif 2020 (délibération n° 2020-4119), lors du Conseil du lundi 20 janvier 2020.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Président, chers collègues,

C’est avec un peu d’émotion que j’interviendrai une dernière fois pour commenter le budget de notre chère métropole.

Je tiens bien sûr à saluer le travail de Monsieur Brumm, brillant vice-président aux finances, et des services. Nous tenions également à souligner les efforts financiers qui guident la politique de notre métropole depuis sa création.

Et afin de ne pas alourdir le débat, car tout le monde est en capacité dans cet hémicycle de commenter et analyser un budget – mais certes pas aussi bien que Monsieur Brumm -, je parlerai de l’avenir.

Je vais me permettre tout de même un petit retour en arrière, sans nostalgie. La métropole a réussi comme par magie là où le département échouait jour après jour depuis plus de 20 ans. Emprunts toxiques, musée des confluences, Rhônexpress, autant de projets mal ou pas financés et qui ont coûté cher aux concitoyens.

Mais parlons de l’avenir. Alors que devons-nous nous souhaiter à l’avenir pour notre métropole ?

Comme vous aimez à la répéter, les budgets sont sains, les caisses sont pleines. Alors qu’en faire ?

Investir. Investir dans l’avenir, dans la solidarité, dans du logement étudiant, dans des pistes cyclables…

Ce que nous souhaitons c’est une métropole qui protège, qui apaise, qui accueille.

La métropole a fait des choix courageux cette année : l’accueil et l’accompagnement des mineurs non accompagnés, le maintien du financement des CPEF, le soutien à l’installation de nouveaux médecins, …

Face aux nouvelles pauvretés, nous devons redéfinir notre offre d’insertion en replaçant l’accompagnement et la prévention au cœur de nos politiques de solidarité et participer au financement de la métropole aidante, accompagner nos ainés, proposer une offre diversifiée en matière de logement, construire et entretenir des collèges, des équipements culturels, prendre en charge celles et ceux qui souffrent : voici entre autre ce que nous devrait nous permettre ce budget.

Certains ne cessent de le répéter depuis la naissance de la métropole, même s’ils ne sont pas là pour l’entendre : il faut allier l’urbain et l’humain. Mais il faut surtout faire en sorte que les plus vulnérables de notre métropole bénéficient des retombées de l’attractivité économique et du développement de notre métropole.

Nous ne pouvons bien sûr que nous en féliciter même s’il à regretter que l’État ne garantisse plus pour les plus fragiles une solidarité nationale et une équité d’accès aux droits ou aux prestations.

Nous voulons rester lucides sur la réalité de nos concitoyens les plus fragiles car leurs conditions de vie ne cessent de se dégrader, les inégalités ne cessent de se creuser, l’exclusion sociale et la ghettoïsation de notre métropole s’accentue.

Je rappellerai quelques injustices budgétaires qui touchent nos concitoyens : en 2017 l’ISF était payé par un peu plus de 350 000 contribuables et rapportait 5,1 milliards d’euros, 4 fois plus qu’en 1990. On estimait que l’ISF aurait pu rapporter 6 milliards d’euros en 2020. Cela aurait surement pu faire des heureux dans les collectivités locales.

Car dans notre métropole, d’autres décisions sont venues dégrader les conditions de vie des plus pauvres. Leur pouvoir d’achat a ainsi diminué suite à la baisse des APL et à la désindexation des allocations logement et des prestations familiales.

Le nombre de personnes vivant à la rue, en campements et en bidonvilles continue, sous nos yeux, de croître en raison notamment de la baisse de la construction de logements sociaux, de l’insuffisance de l’offre d’hébergement de demandeurs d’asile ou des coupes budgétaires de 57 millions d’euros sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale.

Ensuite, la réforme de l’assurance chômage, présentée en juillet dernier par la ministre du Travail, menace de plonger les plus précaires dans la pauvreté puisque cette réforme d’économie budgétaire vient durcir les conditions d’accès au chômage, le renouvellement des droits et le calcul des indemnités versées.

Et comme si ça ne suffisait pas, le projet de réforme des retraites vers un système qui n’a d’universel que le nom menace de décupler encore plus ces pauvretés. Les citoyens la refusent, 15 000 d’entre eux le montrent tous les deux jours à Lyon, mais le gouvernement persiste.

Cette réalité résulte de choix politiques, ceux du gouvernement.

Ainsi, avoir la chance de présenter un budget équilibré pour une collectivité, c’est donner la chance à ses administrés de vivre mieux, et ensemble.

Je vous remercie.