Au Conseil

Intervention de Sandrine Runel sur le covoiturage au Conseil du 4 novembre 2019

Retrouvez ci-dessous l’intervention complète de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, sur le projet européen CoGo (Covoiturage et Gouvernance, délibération n° 2019-3831), lors du Conseil du lundi 4 novembre 2019.

Seul le prononcé fait foi


M. le président,

Si l’usage de la voiture reste encore majoritairement individuel, les habitants de l’aire métropolitaine lyonnaise ont de plus en plus recours au covoiturage pour leurs déplacements de moyenne portée en semaine. Aussi, il est de notre devoir en tant que collectivités locales de faciliter la rencontre de covoitureurs potentiels, à travers des plans d’entreprises, et des sites internet dédiés qui sont de plus en plus utilisés, mais qui ne captent qu’une partie des pratiques et des initiatives ou comme celles de CoGo présentée dans cette délibération.

La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la  transition énergétique pour la croissance verte, définit à l’article L. 3132-1 du code des transports, le covoiturage comme « l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur et un ou plusieurs passagers, effectuée à titre non onéreux, excepté le partage des frais, dans le cadre d’un déplacement que le conducteur effectue pour son propre compte ».

La notion de covoiturage a beaucoup évolué ces dernières années, de par son développement et ses usages et son utilité.

Les covoitureurs s’auto-organisent  par les réseaux sociaux, stationnent spontanément leurs véhicules à proximité d’échangeurs autoroutiers ou sur des terrains initialement non prévus à cet effet. Les collectivités s’intéressent à ces modes de faire pour faire évoluer leur palette d’actions.

Aussi, dans un contexte de contraintes budgétaires, tant pour les collectivités que pour les ménages, il est de notre responsabilité d’inciter au covoiturage pour répondre aux objectifs de réduction des pollutions et aux enjeux sociaux et territoriaux de mobilité. Et cette délibération va dans le bon sens. Mais encore une fois ce n’est pas suffisant.

Les déplacements domicile-travail se sont par exemple beaucoup accrus entre 1990 et 2012 : la part des actifs occupés résidant et travaillant dans le même espace a diminué sur l’ensemble du territoire au cours de cette période. Plus de 25 % des actifs résident actuellement à plus de 30 minutes de leur lieu de travail en France.

La voiture reste donc le mode de déplacement privilégié pour ces trajets.

Le covoiturage est désormais encouragé dans la plupart des documents de planification et de prospective et les grandes villes comme les agglomérations sont les premières à encourager la pratique du covoiturage avec des conditions de circulation privilégiée, le développement d’aires de parking, des actions d’informations à destination des usagers…

On est donc passé d’un outil qui était là pour répondre à une période de crise où primait la nécessité de conserver du pouvoir d’achat au covoiturage comme incontournable de l’organisation collaborative citoyenne et alternative… Il permet de tisser du lien social et de contribuer à moins polluer.

De plus, à côté de ces mesures, nous insistons sur le développement des mobilités alternatives à la voiture. Il faut accompagner la fin du « tout voiture ».

Et puisque nous parlons de mobilité durable, d’encourager l’usage du vélo, de la marche, de promouvoir le développement des transports en commun, de faire le RER à la lyonnaise, nous devons prendre des mesures plus fortes, plus offensives, et non contraignantes ou punitives pour ceux qui travaillent et ont besoin quotidiennement de leur voiture.

Mais cela ne doit pas pénaliser la qualité de l’air. Or si l’anneau des sciences n’est pas pour nous envisageable, nous ne pouvons pas juste le refuser mais devons proposer une alternative. Il sera donc nécessaire de construire des parkings en entrée de ville et à proximité des transports en commun, mais d’agir aussi concrètement pour la qualité de l’air. Et pour ceci, pour la qualité de vie des lyonnais, je proposerai dès l’été 2020 la fin des véhicules diesels sous le tunnel de Fourvière.