Au Conseil

Intervention de Sandrine Runel sur le télétravail au Conseil du 4 novembre 2019

Retrouvez ci-dessous l’intervention complète de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, sur la mise en œuvre du télétravail pour les agents de la Métropole de Lyon (délibération n° 2019-3886), lors du Conseil du lundi 4 novembre 2019. L’intervention a été faite au nom des groupes PRG et socialiste.

Seul le prononcé fait foi


M. le président, chers collègues,

J’ai le plaisir de m’exprimer au nom des groupes Parti radical de gauche et Socialistes & apparentés pour cette délibération qui marque une avancée notable pour la qualité de vie de nos agents.

Le contenu de ce rapport ne laisse en effet que guère de place au doute quant aux résultats positifs que nous pouvons espérer de la généralisation de ce dispositif.

Les chiffres issus de la phase test font état d’une expérience plus que concluante. Ces résultats sont aussi en phase avec une étude parue en mai dernier dans la Revue francophone sur la Santé et les Territoires et qui portait sur les bénéfices du télétravail.

Dans leurs conclusions, les chercheurs notaient que le suivi des télétravailleurs a permis de souligner l’amélioration de la qualité de vie sur les plans matériel, physique et psychologique, en plus de permettre une réduction des émissions de GES allant de 3 à 5%. C’est en phase avec les quatre objectifs poursuivis précisés dans la délibération.

Au fil de celle-ci, l’atteinte du premier, soit l’amélioration des conditions de travail, est facilement perceptible quand on considère les chiffres exposés. D’ailleurs, les deux auteurs de l’étude le notent eux aussi quand ils indiquent que les enquêtés se sentent plus productifs, moins fatigués, davantage libres grâce au gain de temps économisé sur les transports, et que ceci s’accompagne en plus d’une réaction positive des entourages professionnels et familiaux.

Sur le plan environnemental aussi pouvons-nous donc escompter des externalités positives, bien que sur ce volet nous ne puissions attendre d’effets considérables. L’article précise à ce sujet que la réduction des émissions de GES n’est pas discutable mais à nuancer, cette baisse n’étant pas fonction inverse du taux de télétravail mais dépendante de nombreux facteurs.

Ceci étant, sans être le cœur de la mesure, qui reste l’amélioration des conditions de travail et de la santé des agents, artisans quotidiens de nos politiques publiques, toute avancée environnementale est à saisir et encourager.

L’autre avantage que ce dispositif devrait apporter est l’amélioration de notre attractivité en tant qu’employeur. Imaginons un instant parvenir à coupler parfaitement une qualité de vie au travail idoine et le sens de servir le public, peut-être deviendrions-nous l’employeur lyonnais le plus prisé.

Pour terminer M. le président, nous avons des interrogations sur deux points et sur la suite qui pourrait être donnée à cette politique.

La première question porte sur le projet Réduc’mob cité dans le rapport. Pourriez-vous nous dire où en est ce projet et quels résultats ont été obtenus jusqu’ici ?

Ensuite, une réflexion a-t-elle été amorcée sur des mesures alternatives pour celles et ceux de nos agents qui ne peuvent télétravailler ? C’est là une question d’équité qu’il nous paraît primordial de garder à l’esprit.

Pour finir, un dernier point donc sur la suite du dispositif. 81% des agents ont dû annuler au moins un jour de télétravail. Se pose donc la question du manque de souplesse de la mesure dans sa conception actuelle.

Les auteurs de l’étude précisent sur ce point que « la souplesse du système élaboré et son adaptation aux réalités professionnelles – soit en fonction de la saisonnalité des impératifs – joue également un rôle crucial ».

S’ils nuancent en indiquant que celle-ci « doit être un point de vigilance », parlant des conséquences possibles telles que la désorganisation et l’isolement, il paraît souhaitable de trouver un juste milieu et de flexibiliser un peu plus le dispositif,  en permettant par exemple aux agents volontaires de demander un jour hebdomadaire en plus, portant le total à deux – si les conditions le permettent –, mais aussi la possibilité de changer le jour de façon plus ou moins exceptionnelle et encadrée afin d’éviter un tel taux d’annulation.

Nous comprenons bien les contraintes et les difficultés de conduire ce changement et nous ne demandons pas à ce que ces mesures soient intégrées ici à ce texte.

En revanche, comme a été menée la première expérimentation avant la généralisation, pourrions-nous en parallèle étudier la faisabilité d’une nouvelle phase pour 2020 auprès des agents volontaires ?

En sus, nous souhaiterions voir considérée la possibilité d’offrir à ceux-ci de télétravailler lorsque s’annonceront des nouveaux pics de pollution.

À travers ça, c’est bien la poursuite des objectifs énoncés que nous voudrions voir amplifiée. Non seulement, nous continuerions sur la voie de l’amélioration de la santé de nos équipes, mais en plus nous montrerions l’exemple à tous les employeurs situés sur le territoire sur ce qui est faisable en matière d’environnement.

Je vous remercie.