Jean-Michel Longueval sur le climat politique

Jean-Michel Longueval sur le climat politique

En introduction du Conseil du 27 septembre 2021, Jean-Michel Longueval est intervenu pour partager réflexions et inquiétudes sur le climat politique ambiant, où repères et valeurs s’affaissent au profit d’invectives et d’outrances. Retrouvez ici le texte complet de son intervention.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

Je voudrais partager avec vous quelques réflexions et même plutôt quelques inquiétudes, sur la période que nous vivons.

Nous venons de traverser dix-huit mois éprouvants. Trois confinements, 120 000 morts, des millions de contaminés, un nombre encore inconnu de personnes atteintes psychiquement : si nous semblons enfin voir le bout du tunnel, les stigmates causés par la pandémie sont eux bien là et partis pour durer.

En 2020, 14% des Français déclaraient sauter « parfois » ou « souvent » des repas ; ce nombre est passé à 20% en 2021, soit un Français sur cinq, l’équivalent de 30 d’entre nous dans cette assemblée. Plus largement, 45% déclarent avoir perdu des revenus en 2021, contre 33% « seulement » en 2020. Et cette proportion monte à 58% pour celles et ceux vivant déjà sous le seuil de pauvreté ! La pauvreté et la précarité ne cessent de grimper et dans notre pays, certains continuent de les accabler en les traitant de perpétuels « assistés ».

Le contexte pré-pandémie n’était pas des plus fameux ou des plus heureux non plus. Attentats, hausse des inégalités en raison des réformes impulsées par la majorité actuelle, incapacité de lutter contre le changement climatique et ses conséquences chaque année plus réelles.

Tout ça forme un cocktail détonnant, éprouvant et déstabilisant pour notre pays. Et aujourd’hui, nous sommes à l’aube d’une campagne présidentielle qui s’annonce, tout simplement, puante. Rien qu’aujourd’hui, repères et valeurs semblent avoir disparu pour bon nombre de responsables politiques, tout cela bien souvent trop relayé par les médias.

La recherche de l’audience à tout va conduit à des énormités. Parce que le buzz fait vendre, on recherche la petite phrase plutôt que le long développement. Parce que le buzz fait vendre, on met en avant ce qui fera de l’audience. Parce que le buzz fait vendre, on raconte n’importe quoi. Et tant pis si c’est infondé, tant pis si c’est blessant, tant pis si le sens et les valeurs n’y sont plus. C’est la communication qui compte, pas l’action.

La période qui s’ouvre va amplifier ce phénomène. Si nous ne partageons pas les solutions politiques aux problèmes que nous constatons, nous devrions au moins partager dans cette assemblée, une même éthique républicaine, un même engouement pour la chose publique, et donc le sens de la responsabilité politique.

Cela ne semble pas pourtant avoir été le cas ces derniers jours, ces dernière semaines. On a pu lire ou entendre des termes tels que « sectaire », « dictature », « dogmatique », « fumisterie démocratique », « autoritaire », « népotisme », termes utilisés comme s’ils étaient anodins. Ils semblent avoir perdu leur sens pour une certaine frange de responsables politiques et médiatiques.

Ainsi on fait le jeu de la démagogie, ainsi on participe à la perte de confiance de nos concitoyens envers la politique, les élus, les partis politiques, ainsi on fait le jeu de l’abstention que par ailleurs tous les élus dénoncent.

Ce n’est pas l’exécutif actuel qui a voulu cette Métropole et son mode de désignation. D’ailleurs, le modèle ne s’exporte pas vraiment. Mais les résultats dans les urnes sont ce qu’ils sont. Respecter la démocratie, c’est déjà respecter les élections. Même quand on ne pensait pas les perdre au départ. La démocratie, c’est aussi se faire élire sur un programme clair, et l’appliquer dans la mesure du possible.

Aujourd’hui, il y a un exécutif restreint à 23 vice-présidents, dont beaucoup constatent qu’ils travaillent. Il faut répéter une nouvelle fois, la place de l’opposition dans la commission permanente, le fonctionnement des commissions où les services sont présents, répondent à toutes les demandes des élus ; cette Métropole et son président ne coupent pas les micros.

Les maires ont été reçus, ce qui n’a pas été toujours le cas par le passé. Lors des mandats précédents, le manque d’équité entre les territoires était connu, même si depuis 2017, une démarche de rééquilibrage s’est amorcée.

La vice-présidente à l’égalité des territoires a travaillé avec toutes les CTM pour construire un pacte clair dans sa formulation et ses objectifs. L’exécutif aujourd’hui, est à l’écoute des territoires et le restera.

Enfin, la PPI a été élaboré en 6 mois pour relancer l’investissement.

Dans cette PPI, la démocratie a consisté à respecter les engagements pris au mandat précédent, dont les montants en représentent presque la moitié. Sans redire ici, les maires le savent bien, que la très grande majorité des investissements atterrissent dans les communes et sont valorisés par ces mêmes élus ; réseaux d’assainissement, réfections de voirie, réseaux de chaleur, requalification et construction de collèges, réseau des voies lyonnaises, réseau de transport en commun, maisons de la Métropole, établissements médicaux sociaux, résidences autonomie…

Je veux dire aussi qu’en matière de démocratie, vous constaterez que l’exécutif ne passe pas son temps à juger, à auditer, à commenter la gouvernance des mairies, ou encore celle de la Région. Peut-être y aurait-il bon nombre de choses à dire. Le président de région ne se cache d’une action partisane concernant les villes. Cela a bien été démontré lors de la campagne des régionales.

Ici à la Métropole, d’une part l’exécutif est centré sur la tâche, et d’autre part, nous respectons la libre administration des collectivités.

Alors, bien sûr, nous ferraillons, bien évidemment nous allons nous affronter lors des échéances à venir, mais tâchons au moins de le faire dans le respect de la cité, de nos administrés et de notre passé. Nous en sortirons toutes et tous grandis et éviterons par la même d’alimenter une bête bien grise en passe de devenir hors-contrôle.

Je vous remercie.