Au Conseil

« Le monde d’après doit privilégier la transparence, l’exemplarité, la concertation pour une meilleure prise en compte des risques »

Le Conseil de la Métropole s’est réuni le jeudi 23 avril 2020 pour délibérer sur les mesures d’urgence pour faire face à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. Retrouvez ci-dessous l’intervention complète de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, sur les mesures d’urgence à caractère économique (délibération n° 2020-4246), lors du Conseil du jeudi 23 avril 2020.

Seul le prononcé fait foi


M. le président, chers collègues,

La crise actuelle du COVID 19 a déjà, et aura à l’avenir des conséquences économiques et sociales extrêmement fortes et durables. Comme cela est rappelé dans cette délibération, l’arrêt immédiat, et parfois brutal de certains commerces et établissements, a de nombreuses répercussions sur l’activité économique de la région et de fait, sur le niveau de vie des ménages.

Au-delà de la crise sanitaire, nous savons que c’est une crise sociale et économique que va vivre notre pays et qui aura des incidences dans les années à venir.

Il est de ce fait ô combien naturel et responsable d’accompagner les plus fragiles d’entre nous tout comme le tissu économique, associatif et social de notre Métropole.

De plus, les conséquences sociales de la crise dépendront de son ampleur, de sa durée, et de l’effet des mesures compensatoires mises en place par l’État et les collectivités locales. Malgré la stabilisation à court terme des ressources des personnes bénéficiant des minima sociaux, la crise est susceptible d’aggraver les trajectoires individuelles. En effet, de nombreuses personnes risquent d’être licenciées, des indépendants et de nombreuses TPE vont devoir cesser leur activité. Au-delà de la privation d’emploi, ces ruptures risquent d’induire une multiplication des situations de surendettement et l’aggravation de celles déjà existantes.

C’est près de 50% des entreprises qui ont subi une perte de leur chiffre d’affaires et qui ont recours majoritairement au chômage partiel.

À ce sujet, je souhaite attirer rapidement votre attention puisque nous y reviendrons en fin de séance, sur l’entreprise Famar dont les députés et sénateurs socialistes ont déposé un projet de loi visant à nationaliser les entreprises Famar et Luxfer.

L’une comme l’autre sont des usines qui produisent des biens nécessaires à notre indépendance sanitaire. Les pénuries de masques et de gel nous ont montré ô combien notre autonomie était primordiale.

Aussi, nous aurions aimé croire à la déclaration du président de la République nous promettant avoir pris conscience des changements de modèle à opérer. Dans les actes, il n’en est rien. Le rejet, d’un revers de main, de ce projet de nationalisation est une nouvelle faute pour LREM, un risque sanitaire qui se perpétuera donc lors de la prochaine pandémie, un mauvais coup pour l’emploi régional dans une période qui n’en a pas besoin.

Cette crise fragilise aussi les acteurs culturels, dans un secteur disparate, avec l’annulation en chaine des festivals, mais aussi des spectacles et des activités et événements du quotidien.

Par ailleurs, la crise sociale qui s’annonce met en lumière les besoins sociaux mais aussi les limites de notre modèle social. Elles confirment en grande partie le diagnostic sur lequel se sont fondées les associations pour alerter le gouvernement avant le début de l’hiver.

Devant ce constat, il convient d’engager des mesures fortes et immédiates.

Nous réaffirmons, et vous savez Monsieur le président que ce n’est pas la première fois qu’à travers cette assemblée je m’adresse aux responsables nationaux, notre positionnement pour lutter contre les inégalités. Cela passe par :

  • Garantir l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux (alimentation, logement, prestations sociales, etc.) pour prévenir le basculement dans la pauvreté
  • Investir massivement dans l’accompagnement des publics
  • Réaffirmer la place des services publics et les financer à hauteur des besoins
  • Maintenir le pouvoir d’achat

Mais plus particulièrement, je m’attacherai à deux points de cette délibération.

Sur les aides aux associations : vous expliquez dans cette délibération la mise en place d’une cellule validant au fil de l’eau les demandes de subventions venant des associations, dont l’instruction se ferait par les services et la validation finale par vous-même. Sans remettre en cause votre légitimité, et l’ordonnance du 1er avril vous la confirme, je m’interroge sur la pertinence de ce mécanisme. Ce sont in fine les techniciens qui vont décider, et cette crise mérite plus que jamais un positionnement et une responsabilité politique de la part des élus locaux.

Aussi, je vous demande, au nom du groupe Socialistes & Apparentés, de bien vouloir y associer les présidents de commissions thématiques, puisque qu’elles ne peuvent se réunir, quand cela est nécessaire.

De la même manière, vous avez annoncé la semaine dernière la création d’une mission de déconfinement que vous avez confiée à votre candidat aux élections municipales à Lyon. Je souhaiterais que d’autres élus puissent s’impliquer dans cette instance et dans cette mission, pas uniquement à travers l’envoi de propositions ou la lecture de comptes rendus, mais dans un seul objectif qui est bien d’accompagner au mieux le déconfinement par des propositions et des mesures constructives.

Une réflexion stratégique doit être menée à tous les niveaux et en coconstruction avec les citoyens, les associations, les élus et acteurs de terrain.

Le monde d’après doit privilégier la transparence, l’exemplarité, la concertation pour une meilleure prise en compte des risques et l’accompagnement de cette crise comme celles à venir.