Au Conseil

« Les conséquences sociales de la crise dépendront de son ampleur et de l’effet des mesures compensatoires mises en place par l’État et les collectivités »

Retrouvez l’intervention de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, au nom des groupes Socialistes & Apparentés et La Métropole Autrement, sur les mesures d’accompagnement du tissu économique et social (délibération n° 2020-4320) lors du Conseil du lundi 8 juin 2020.

Seul le prononcé fait foi


M. le Président, chers collègues,

Je m’exprime au nom des groupes Socialistes & Apparentés et La Métropole Autrement.

Le déconfinement se poursuit et avec lui les licenciements. Les mesures présentées dans cette délibération prolongent et complètent celles déjà votées le 23 avril dernier. C’est bien certes, mais insuffisant.

Les conséquences sociales de la crise dépendront de son ampleur et de l’effet des mesures compensatoires mises en place par l’État et les collectivités. Malgré la stabilisation à court terme des ressources des personnes bénéficiant des minima sociaux, la crise est susceptible d’aggraver les trajectoires individuelles.

En effet, de nombreuses personnes risquent d’être licenciées et de nombreuses TPE, dont des SIAE, vont faire faillite. Au-delà de la privation d’emploi, ces ruptures risquent d’induire une multiplication des situations de surendettement et l’aggravation de celles déjà existantes.

Les mesures présentées ici permettent de garder en vie nombre d’entreprises, mais combien sont en réalité maintenue à flot artificiellement, sans espoir de retour ? Quand ces mesures prendront fin, combien d’entreprises et de salariés auront survécu ? Nous sommes face à des inconnues majeures.

En revanche, nous savons au moins une chose : les paroles digne du « Grand soir » d’Emmanuel Macron au plus fort de la crise seront sans lendemain. Chaque jour qui passe le démontre un peu plus.

La fin du chômage partiel n’en est qu’une illustration.

Nous espérions l’abrogation de la réforme de l’assurance-chômage, voilà qu’ils remettent à l’ordre du jour la réforme des retraites.

Nous pouvions espérer alors des critères sociaux et environnementaux pour l’attribution des aides aux entreprises, voilà que les plus grandes, en ayant bénéficié, ont les mains libres pour licencier.

La prochaine majorité de cette métropole aura face à elle un début de mandat des plus compliqués et dont les premiers choix seront ô combien déterminants pour l’avenir. Il est clair que la transition dont nous avons tant besoin pour préparer l’avenir de nos villes et de notre Métropole, ne pourra se faire que dans une conscientisation des problématiques de notre siècle, dans une volonté sans faille et sans arrangements d’une alternative sociale et écologique.

Maintenir artificiellement l’économie en vie telle qu’elle est aujourd’hui ne pourra suffire. Il nous faudra urgemment engager les mesures pour demain : activités socialement utiles, appui à la recherche et l’innovation, rénovation thermique, économie circulaire, insertion par l’activité économique, relocalisations, recyclage, etc.

Ne perdons pas de vue les vrais enjeux, et profitons de la réponse à la crise pour bâtir une nouvelle société à l’économie socialement juste, écologiquement responsable et démocratiquement résiliente.