Michèle Edery sur les animations d’été en QPV

Michèle Edery sur les animations d’été en QPV

Le Conseil de la Métropole délibérait mardi 16 mars sur le dispositif d’animation d’été 2021 dans les quartiers politique de la ville (QPV) et les quartiers en veille active (QVA). Michèle Edery est intervenue pour le groupe socialiste.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, chèr.e.s collègues,

Le fil conducteur de ce conseil métropolitain aura donc été la pauvreté et la précarité sous toutes ses formes liées à la crise.

Après la question de la pauvreté des étudiants, du RSJ, de la précarité alimentaire, de la ZFE pour les familles modestes, de leur difficulté d’accéder au vélo, de la protection de l’enfance, des MNA, du féminicide, de la précarité menstruelle, de l’accompagnement psychologique ou encore de la fracture numérique, nous finirons donc avec la question de la pauvreté dans les QPV et la précarité énergétique.

Je suis d’ailleurs surprise qu’aucun groupe de l’opposition ne s’exprime sur le sujet, sujet sans doute moins vendeur politiquement.

Le confinement, la crise sanitaire et le contexte économique délicat de 2020 ont eu comme conséquences la difficulté du départ en vacance de nombreuses familles.

 Dans les QPV, la situation était aggravée par la précarité, le besoin de recréer du lien social après le confinement et la nécessité d’assurer une continuité éducative.

Avec la limitation du nombre de places dans les structures d’accueil et la fermeture de certaines, les habitants des QPV et notamment les enfants et les jeunes se sont vus contraints pour beaucoup de rester dans leur quartier tout l’été.

En 2020, l’Etat, la Métropole et les communes en lien avec le tissu associatif se sont donc mobilisés pour renforcer les moyens dans les QPV afin de développer  des actions estivales au service de tous les publics et particulièrement en direction des mineurs.

Ces nouvelles actions ont dû être mises en œuvre un peu dans la précipitation et dans un contexte particulier.

Il est à noter pourtant, le bilan positif de ces actions lequel a montré une bonne participation de la population, le bon accueil réservé à ces propositions mais aussi la baisse des tensions et la remobilisation de jeunes.

 Ces circonstances ont permis de révéler toute l’importance de l’animation, de la culture, du sport et des activités socio-culturelles  dans les quartiers durant les congés d’été, et ce d’autant plus, au regard des derniers évènements de tensions que viennent de connaître ceux-ci et que nous nous devons de prévenir.

Avec l’accentuation du chômage, l’été 2021 risque de reproduire les mêmes difficultés de départ en vacances et la proposition de l’exécutif de renouveler ces actions en directions des QPV pour l’été prochain apparaît une bonne mesure.

En accentuant les interventions culturelles  au pied des immeubles, c’est bien sûr, favoriser le lien social et le vivre ensemble mais c’est aussi soutenir le milieu culturel qui en a bien besoin.

En renforçant le volet animation et l’accueil des mineurs en centre de loisirs c’est la possibilité pour les enfants de sortir du domicile mais aussi de se reconnecter à l’éducation populaire.

En ouvrant les collèges et en ciblant les jeunes en décrochage scolaire, c’est profiter de ce temps de congés pour réconcilier certains avec l’école.

Le fait d’afficher le portage de cette politique par 4 VP (la politique de la ville, l’enfance, famille jeunesse, l’éducation et les collèges, la vie associative et politiques sportives) témoignent de la volonté de cibler les QPV par des actions métropolitaines fortes, par une approche globale des réponses, par des moyens financiers multipliés et par la mobilisation de tous les leviers.

Ces dispositifs demeurent donc une véritable aubaine pour les QPV mais ils doivent s’inscrire dans la continuité. Ils doivent constituer les fondements d’une véritable politique de prévention aux côtés de l’utilité d’une politique de sécurité. Une politique à construire pour le long terme avec la perspective pourquoi pas d’envisager ces mêmes actions à l’occasion de chaque congé scolaire.

Ces dispositifs doivent aussi être associés de manière pérenne avec les dispositifs de l’Education Nationale comme (l’école ouverte) et avec l’offre des associations d’éducation populaire comme l’UFOVAL qui a proposé des colos apprenantes très appréciées.

Amplifier ces actions par QPV, repenser une stratégie en ce sens en fonction des problématiques de chaque quartier, déplacer les  tensions sur le terrain sportif et culturel apparaît aujourd’hui comme une urgence. Il nous faut repenser les actions sociales au plus près des habitants.

Vous l’aurez compris, s’il y a un investissement à faire pour l’avenir, c’est bien celui-ci. Le réinvestissement des QPV et QVA par toutes les institutions demeure indispensable  pour lutter contre la déshérence et les effets pervers qui en découlent.

Malheureusement la Région s’est désolidarisée de la politique de la ville menée dans ces QPV, et c’est bien la Métropole qui aujourd’hui pallie ce manque en tentant de répondre à toutes les problématiques sociales imposées par la crise avec notamment la création de travailleurs sociaux supplémentaires, la gratuité des transports pour les plus démunis et tout le panel de mesures qui nous a été proposé à l’occasion de ce conseil, dans tous les domaines, et ce malgré une critique bien injuste parfois.

Mais comme disait Jules Renard « la critique est aisée et le critique dans l’aisance »

Le groupe Socialistes, la gauche sociale et écologique & Apparentés soutient pleinement la politique sociale de cette majorité et l’encourage.

Oui la crise nous oblige à une réponse sociale forte et à prendre nos responsabilités. C’est ce que fait cette majorité.

Et notre groupe se tient à disposition pour aider à la construction d’une politique d’animation pérenne et ambitieuse en faveur des QPV.

Il votera pour.