Michèle Edery sur la gestion urbaine et sociale de proximité

Michèle Edery sur la gestion urbaine et sociale de proximité

La gestion sociale et urbaine de proximité (GSUP) est une réponse aux problématiques spécifiques aux quartiers défavorisés : amélioration du cadre de vie, fortification du lien social, amélioration de la participation et de la tranquillité des habitants. La Métropole a adopté de nouveaux critères pour un meilleur rééquilibrage territorial. Michèle Edery est intervenue pour saluer l’ampleur de ce programme de 1,35 million d’euros, avec plus de cent actions par an.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

Nous souhaiterions profiter de cette délibération pour évoquer le devenir incertain du contrat de ville qui semble soumis semble t-il à certaines controverses.

En effet, une commission parlementaire sur le sujet a été proposée par la ministre et en attendant les résultats, une demande de prorogation d’une année a été formulée pour le dernier contrat de 2015-2020.

Chacune de nos villes concernées est donc amenée à réfléchir sur son nouveau contrat de ville en 2022 et ce bien sûr en attendant les résultats de l’élection présidentielle.

Si la réflexion peut s’entendre sur un sujet qui interroge les politiques publiques depuis 1984, sur l’importance des financements au regard des résultats, ou sur la réorientation des politiques en fonction des nouvelles priorités et évolution, celle-ci ne doit pas justifier pour autant la réduction des dotations.

Les élus de la politique de la ville de plusieurs villes qui suivent particulièrement ce dossier sont inquiets :

  • inquiets de se voir notifier 2,6 % de diminution de l’enveloppe de l’État sur la PDV pour 2022 et un montant de financement qui n’est pas à la hauteur de ses engagements ;
  • agacés de constater le retrait notoire de la Région AURA dans les projets PDV, alors qu’elle représente en partie une de ses compétences ;
  • interrogatifs quant aux nouveaux critères d’attribution de la DSU qui risquent de léser des villes en difficulté accueillant de nombreux QPV ;
  • enfin questionnés sur l’évolution du contrat de ville.

Est-il nécessaire de rappeler l’objectif de la politique de la ville qui se voulait un ensemble d’actions visant à revaloriser certains quartiers urbains dits sensibles, à réduire les inégalités sociales entre territoires, réduire les écarts de développement.

Faut-il redire à quel point la pauvreté s’installe dans ces quartiers, gangrénés par le chômage, les difficultés sociales, la délinquance… ?

Doit-on insister sur l’abandon des services publics au sein de ces quartiers, sur le cadre de vie dégradé, sur la stigmatisation de ces populations et les inégalités sociales qui se creusent ?

À qui allons-nous faire croire que la démolition des grands ensembles des quartiers suffiront à faire disparaître les problèmes sociaux ? À moins que les 59 communes de la Métropole ne s’engagent à reloger les familles pour répartir cette problématique sur l’ensemble du territoire.

En attendant, l’accompagnement social de ces habitants reste indispensable, il appelle un renforcement et l’implication plus forte de l’ensemble des partenaires.

Ce n’est pas aux villes concernées de porter seules ces actions spécifiques.

Car ces villes qui accueillent de nombreux QPV, et notamment dans l’est lyonnais, subissent déjà la double peine :

  • l’accueil d’un nombre important de logements sociaux avec les multiples difficultés sociales qui peuvent en résulter,
  • et un taux de taxe foncière le plus élevé de la Métropole.

Depuis son arrivée, la majorité métropolitaine s’est attelée à cette question, que ce soit à travers les mesures sociales comme le RSJ ou la gratuité des transports, à travers la programmation estivales dans les QPV qui a triplé, une politique d’insertion volontariste, sa politique des mobilités pour desservir les QPV, ou encore à travers les projets de rénovation urbaine.

Aujourd’hui elle s’engage à privilégier la qualité du cadre de vie de ces quartiers. En engageant 1,35 M€ dans le cadre de la GSUP, ce sont plus d’une centaine d’actions par an qui sont programmées.

En revoyant des critères d’attribution de l’enveloppe, critères jamais revus depuis la création de la Métropole, il s’agit de clarifier l’éligibilité aux subventions de la Métropole et d’assurer le rééquilibrage territorial.

Oui la Métropole prend largement sa part dans ce domaine.

Charge aujourd’hui aux autres partenaires financiers que sont l’État et la Région d’en faire de même et de ne pas se défausser. Charge aux villes qui ne respectent pas la loi SRU de coopérer dans un souci de solidarité et d’équité des territoires. Charge à tous les élus de défendre un contrat de ville indispensable, exigeant et ambitieux.

Les élus du groupe Socialistes, la gauche sociale et écologique & Apparentés voteront pour ce rapport.