Au Conseil

« À celles et ceux qui veulent ancrer notre Métropole dans le nouveau monde d’avant, je dirai… »

Le Conseil de la Métropole s’est réuni à nouveau le lundi 8 juin 2020. Retrouvez ci-dessous l’intervention de Sandrine Runel, présidente du groupe Socialistes & Apparentés, prononcée en introduction du Conseil.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Président,

Après trois tentatives, il semble que cette fois-ci ce soit la bonne. Nous siégeons virtuellement pour la dernière fois. Et cette dernière fois si particulière appelle quelques remarques.

Avant tout, je tiens à remercier au nom du groupe Socialistes & Apparentés, l’ensemble des services de la métropole, le personnel, et le Président de la Métropole pour le respect de l’expression et la représentation des groupes politiques.

Alors que certains s’accrochent à leur siège comme la moule au rocher, le 28 juin semble semer un vent de panique dans cette assemblée.

La France vient de connaître un épisode de crise sanitaire sans pareil.

La crise du COVID-19 a déjà, et aura à l’avenir, des conséquences économiques et sociales extrêmement fortes et durables. La crise sociale qui s’annonce met en lumière les besoins sociaux mais aussi les limites de notre modèle économique.

La pandémie frappe inégalement la population. Et du fait du confinement et de l’arrêt prolongé de l’école, la crise va également jouer un rôle d’accélérateur de décrochage scolaire et de violences intrafamiliales. Elle réinterroge plus globalement l’organisation même de notre société.

Devant ce constat, il est plus que nécessaire d’engager des mesures fortes et immédiates car l’explosion de la pauvreté comme l’exacerbation des inégalités et la colère qu’elle nourrit conditionnent notre capacité politique et économique, tant au niveau national que local, à surmonter les effets d’une crise qui va durer.

La Métropole de Lyon a en cela joué durant cette période un rôle important, dans la proximité comme l’accompagnement des acteurs sociaux, économiques et culturels.

Chaque collectivité a d’ailleurs tenté de tirer la couverture à soi, agissant sans cohérence les unes avec les autres.

L’illustration la plus prégnante étant la commande et la distribution des masques comparable à la surenchère que nous avions connu durant la campagne de premier tour, autour du nombre d’arbres à planter, quand il fallait faire de l’écologie son pilier programmatique.

Ajoutons à cela le fait qu’à Lyon, les élus n’aient pas été associés à la distribution des masques, devant s’inscrire sur des sites de bénévolat pour y participer. Alors que dans le même temps, c’est le Progrès qui distribuait les masques de Laurent Wauquiez.

Mais nous le savons déjà, les impacts de la crise sanitaire serviront de justification à soutenir toujours plus, ceux qui vont déjà bien, en promettant un ruissellement qui se fait toujours attendre.

C’est ainsi que l’on peut comprendre dans certaines alliances le refus d’inscrire notre Métropole dans le changement de civilisation qui s’impose : celui de la conciliation du défi climatique et de la lutte contre les inégalités. C’est le refus de repenser notre développement en matière de mobilité, de consommation, de contribution, de redistribution…

C’est toujours le refus de laisser la place aux autres…

La situation politique est inédite. Nous ne le dirons jamais assez. Alors, pour finir je dirai,

À ceux qui veulent ancrer notre Métropole dans le nouveau monde d’avant,

À ceux qui souhaitent rester dans cette Métropole du coin de table,

À ceux qui pensent que végétaliser une ville c’est installer des bacs à fleurs sur des pistes cyclables,

À ceux qui craignent que les vélos envahissent plus vite la place des Terreaux que les chars russes la Concorde,

À ceux qui redoutent l’installation d’intégristes verts et de dangereuses gauchistes à la Métropole,

À ceux, courageux, qui lancent des appels anonymes dénonçant un péril vert qui n’a de péril que le nom,

À ceux-là même qui brandissaient la menace de l’appel d’air quand il s’agissait d’accueillir trois malheureux étrangers dans un gymnase du 6° arrondissement de Lyon,

À ces élus qui ont passé les douze dernières années de leur vie à critiquer le Maire de Lyon et le Président de la métropole, et qui aujourd’hui le soutiennent dans une course effrénée au pouvoir,

À ceux-là je veux leur dire, ne vous inquiétez pas, le monde d’après existe, vous allez bientôt le rencontrer.

L’avenir de notre Métropole se trouve dans la conciliation d’un développement solidaire et l’exigence de l’impératif environnemental. L’un ne va pas sans l’autre. C’est le chemin que je souhaite voir suivre par la Métropole de Lyon dès le 2 juillet prochain.

Je vous remercie.