Au Conseil

Prime vélo : « Tant la méthode que le fond obligent à quelques remarques »

Retrouvez l’intervention de Sandrine Runel, présidente du groupe socialiste, au nom des groupes Socialistes & Apparentés et La Métropole Autrement, sur le renforcement de la prime vélo (délibération n° 2020-4251) lors du Conseil du lundi 8 juin 2020.

Seul le prononcé fait foi


M. le président, chers collègues,

Je m’exprime au nom des groupes Socialistes & Apparentés et La Métropole Autrement.

Encore une fois, M. le Président, la presse aura eu la primeur de vos annonces. On en viendrait presque à croire que ce sont les journalistes qui composent cette assemblée. Le 5 mai dernier, vous leur présentiez votre plan vélo, avant même d’en informer les élus de ce conseil.

Parmi ces annonces, l’augmentation de la prime vélo. Sur le papier, tout ce qui peut accélérer la transition vers des mobilités douces et actives est à prendre. Mais tant la méthode que le fond de cette délibération obligent à quelques remarques.

Sur la méthode :

Le problème qui se pose, M. le président, est que ces annonces présentent auprès de nos concitoyens le dispositif comme acquis, validé et sans limite. Et beaucoup semblent avoir déjà franchi le pas, à en croire les files d’attente devant les vélocistes.

Outre la forme, ce dispositif présente deux écueils.

Le premier est l’enveloppe consacrée. En janvier nous votions, pour une prime de 100 euros avec une enveloppe globale de 150 000 euros et aujourd’hui l’enveloppe est à peine augmentée à 200 000 euros quand la prime, elle, est quintuplée.

De fait, et d’après mes calculs, seulement 400 personnes peuvent en bénéficier. Combien seront donc surpris au moment de voir leur demande retoquée ?

Le second écueil porte sur l’attribution de la prime en elle-même. Pourquoi ne pas inclure des vélos de base ? Lisbonne prévoit 100 euros pour un vélo standard par exemple. Si le but est d’inciter à une pratique large du vélo, pratique que nous prônons tant pour l’environnement que pour la santé de chacun, pour quelle raison les exclure du dispositif ?

J’irai plus loin, n’est-ce pas d’avantage accessible à tous, l’achat d’un vélo classique plutôt qu’un vélo cargo ou un vélo électrique dont le prix exclut de fait les ménages les plus modestes ?

Enfin, et j’en terminerai là, pourquoi ne pas moduler la prime selon les revenus des ménages ou le quotient familial, maintenant qu’elle est substantiellement augmentée ?

Nous luttons contre le non recours aux droits. J’aimerais connaître la domiciliation comme la catégorie socio-professionnelle des ménages qui ont et auront bénéficié de cette aide.

De cette délibération nous retiendrons donc qu’elle est encore une fois exempte de tous critères sociaux, mais là encore vous nous direz que l’urgence le justifie.