Renaud Payre sur le projet Part-Dieu

Renaud Payre sur le projet Part-Dieu

Suite aux élections et conformément aux engagements de campagne, la majorité de gauche plurielle et écologiste a fait le choix de modifier le projet Part-Dieu pour produire plus de logements abordables, pour plus et mieux végétaliser et apaiser les mobilités. Renaud Payre, vice-président au logement et l’habitat, était rapporteur sur ce dossier. Retrouvez ci-dessous son propos introductif.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

Le développement de notre Métropole a longtemps répondu à un modèle du toujours plus : toujours plus haut, toujours plus dense, toujours plus centralisé. Ce modèle a atteint toutes ses limites : embolisation du centre de la métropole, incapacité à faire face aux défis de la transition écologique, détérioration de la qualité de vie et impact sur la santé de la population.

Nous sommes toutes et tous convaincus qu’il faut changer de modèle : construire une Métropole à taille humaine, avec une activité économique diversifiée, avec une végétalisation fortement accrue, avec une cohabitation de toutes les mobilités. Une Métropole habitable où l’on peut se loger.

C’est une demande forte des habitants et habitantes qui ne peuvent accepter de vivre à des dizaines de kilomètres de leur lieu de travail. C’est une demande récurrente des entreprises car le manque de logements est un frein à leur attractivité. Ce nouveau modèle que nous proposons passe par des réorientations fortes de projets déjà engagés. L’opération Part-Dieu l’illustre parfaitement.

D’abord nous œuvrerons à une dédensification de la programmation. Le programme général de construction voit une baisse de 100 000 m² qui affecte essentiellement les projets de bureaux

En lien avec cette dédensification, nous nous engageons à créer de nouveaux espaces publics en pleine terre. Doublement de la place du Lac, le boisement Bouchut, extension de la place Béraudier (en pleine terre) ou encore aménagement de la place des Martyrs de la Résistance. Nous atténuerons ainsi les ilots de chaleurs si présents dans ce quartier excessivement minéral

Cette réorientation forte s’accompagne d’une priorité donnée aux modes doux, aux déplacements en vélos et à pied. L’étude Citec mobilité permet de consolider des hypothèses pour 2030 en prévoyant que la part des véhicules lourds baissera de 15% (/ 2015), celle des transports en commun augmentera de 43% et celle de la marche à pied de 26%. C’est pourquoi le passage Pompidou sera dédié aux transports en commun et aux modes actifs.

Mais ce n’est pas tout, dans le programme de construction nous augmentons la part de logements avec 2200 logements dont 1500 dans la ZAC. Mais nous œuvrerons surtout à une diversité résidentielle (étudiants, jeunes actifs, logements intergénérationnels). Nous allons augmenter la part de logements sociaux (plus de 1200 m²) et n inclure une part de logements en bail réel solidaire pour qu’au cœur de la Métropole on puisse encore trouver des formes de propriété à un prix abordable, ouvertes à la fois à celles et ceux qui accèdent à leur premier logement comme à celles et ceux qui ont vécu dans un appartement locatif social et veulent accéder aujourd’hui à une nouvelle forme de logement. En dehors de la ZAC, dans le reste de la concession de la SPL Part-Dieu, nous serons attentifs à maintenir les logements existants et à les favoriser dans les nouvelles opérations.

Enfin nous n’oublions pas que la Part-Dieu est le deuxième pôle tertiaire et de décision de France. Bien sûr le volume d’emploi y est porté par les grands comptes et les grandes entreprises. Mais aujourd’hui nous sommes là encore dans un moment de transition. D’abord le marché de la Part-Dieu est actuellement tiré par les TPE et les PME qui sont à la recherche de surfaces beaucoup plus restreintes. Par ailleurs, il subsiste beaucoup d’inconnu sur les formes que va prendre le travail notamment dans les grandes entreprises. Je pense bien sûr à l’éventuelle augmentation du télétravail. On manque encore de recul mais la sagesse nous pousse à ne pas envisager un développement comme on le pensait des années 1970 aux années 2010. Il nous faut désormais une offre immobilière plus flexible et plus frugale. Il nous faut aussi mieux équilibrer l’accueil d’entreprises dans l’ensemble des quartiers de notre Métropole.

Permettez-moi de conclure sur le fait que ces nouvelles orientations se font avec un bilan budgétaire tout à fait contenu. Cela s’explique par une augmentation raisonnable des participations des collectivités pour les futures opérations mais aussi par la non-acquisition de l’immeuble B12 qui permet d’économiser 25 millions d’euros sur le bilan.

Je vous remercie.