Sandrine Runel sur l’ancien collège Maurice Scève

Sandrine Runel sur l’ancien collège Maurice Scève

Initialement cédé à Vinci Immobilier, la délibération de 2019 actant la vente du site de l’ancien collège Maurice Scève a été abrogée ce lundi 21 juin. Un nouveau projet y est prévu. Sandrine Runel est intervenue pour le groupe socialiste.

Seul le prononcé fait foi


Le projet de notre majorité consiste à construire une métropole ouverte et accueillante qui érige les principes d’humanisme et de solidarité au cœur de son action quotidienne.

Or aujourd’hui, et peut-être encore plus depuis la crise sanitaire, trouver un logement à Lyon et dans la Métropole n’est plus possible pour un certain nombre de nos concitoyens.

Nous constatons toujours que l’écart entre l’offre et la demande de logements accessibles aux ménages pauvres se creuse. Les plus démunis rencontrent aujourd’hui les plus grandes difficultés à se loger. Des logements indignes qu’on pensait relever d’une autre époque réapparaissent.

Le nombre de personnes vivant à la rue, en campements et en bidonvilles continue, sous nos yeux, de croître en raison notamment de la baisse de la construction de logements sociaux, de l’insuffisance de l’offre d’hébergement.

Et les crises économiques, migratoires, sanitaires engendrent toujours une crise sociale, et c’est toujours les plus fragiles qui en sont victimes.

Alors, et c’est le sens de cette délibération, nous devons faire coïncider nos politiques avec nos orientations ; nous ne pouvons plus construire du logement d’un côté de manière déconnecté avec les besoins de nos concitoyens.

Le logement est un droit fondamental, un bien commun, comme l’eau, la santé, et je crois que notre Métropole aujourd’hui le démontre pleinement.

Pour répondre au défi démographique et aux enjeux de l’accession au logement dans la Métropole de Lyon, notre collectivité a décidé d’investir plus de 500 millions d’euros dans le domaine de l’habitat avec notamment la programmation de 6 000 logements sociaux et abordables par an d’ici 2026.

Car nous savons que c’est tout notre territoire qui doit participer de cet effort de manière équilibré.

Je ne ferai pas ici la liste à la Prévert de toutes les mesures qui vont être portées par la Métropole pour favoriser l’accession à un logement digne pour toutes et tous : encadrement des loyers, limitation de la vacance, régulation des meublés touristiques, etc.

Alors que des projets initiés précédemment sur Lyon devaient encore favoriser la spéculation immobilière et faire grimper le prix des loyers comme des ventes d’appartement, la volonté de transformer sur l’ancien site du collège Maurice Scève, lieu hautement symbolique à la fois pour les Croix-Roussiens mais pour tous les militants du droit au logement à Lyon, un projet immobilier en logement social témoigne de notre volonté d’une plus grande mixité et d’un équilibre retrouvé.

Pour ne pas céder aux sirènes capitalistes de Vinci, la Métropole va s’engager fortement sur la réorientation du projet autour d’un projet de construction d’un peu plus de 9 000 m2 dont 30% de surface comprendra des activités et équipements publics avec par exemple un belvédère paysager ouvert au public.

Sur la partie logement, un office public prendra en charge le projet pour développer du logement locatif social pour 40% et du bail réel solidaire à hauteur de 60%. C’est cette variété de produits qui permettra de diversifier le parc de logement sur cet arrondissement de Lyon où dans le privé les prix au m² dépassaient les 10 000 euros à la vente.

Aussi c’est un projet ambitieux et cohérent qui nous est présenté aujourd’hui.

Nous ne pouvons pas fermer les yeux face à une situation où près de 20 000 personnes sont dépourvues de logement sur notre territoire, dont 2 500 au moins vivent à la rue, ou dans des conditions extrêmement précaires et inacceptables.

Et avec ce projet en plein cœur de Lyon, nous allons pouvoir contribuer au développement d’une offre de logement accessible et adaptée, pour accueillir les personnes en grande difficulté en mobilisant le foncier et en ne l’abandonnant pas à des logements privés sélectifs pour les ménages les plus modestes mais aussi désormais pour les classes moyennes, celles qui concentrent les soignants que nous avons applaudi chaque soir il y a à peine un an, les commerçants que nous avons soutenu par ailleurs.

Cela leur permettra de choisir leur lieu d’habitation sans contrainte financière.

Notre responsabilité est de garantir des conditions d’habitat dignes et de ne pas accepter que certains vivent dans des conditions atrocement précaires ou éloignés de leur lieu de travail. 

La solidarité, la mixité et l’égalité des droits sont l’affaire de tous, et la mobilisation de tous les acteurs du territoire est la condition sine qua non de notre réussite.

Aussi mes chers collègues, je me réjouis de cette décision et notre groupe soutiendra avec enthousiasme le travail engagé en ce sens.

Je vous remercie.