Sandrine Runel sur l’adhésion à l’Association nationale des Villes et Territoires accueillants

Sandrine Runel sur l’adhésion à l’Association nationale des Villes et Territoires accueillants

Intervention de Sandrine Runel concernant l’adhésion de la Ville de Lyon à l’Association nationale des Villes et Territoires accueillants lors du Conseil municipal du 17 décembre 2020.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Chers Collègues,

Aujourd’hui, avec cette délibération, je suis fière que nous fassions un pas dans la bonne direction. En rejoignant l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants, nous poursuivons et faisons notre la tradition humaniste de notre territoire, aux côtés des nombreuses associations et ONG qui œuvrent au quotidien pour ceux qui ont tout quitté et souvent tout perdu.

Entériner cette adhésion et les liens qui nous lient à l’Anvita contribue à parachever une politique sociale d’accueil, qui permettra demain de gérer les situations de chacun avec et dans la dignité. Cela envoi, je le crois, un signal fort. Le signal que Lyon n’a pas perdu sa tradition et poursuit son engagement pour l’accueil de tous.

En agissant collectivement, nous pourrons proposer des solutions dignes et adaptées aux réalités locales. Car l’action de l’Anvita prouve qu’il n’y pas qu’une politique d’accueil, mais bien autant de politiques et d’actions qu’il y a de territoire et d’élus prêts à s’engager pour une politique d’asile juste.

Cela est d’autant plus important que les conditions de vie des migrants, si tant est qu’on puisse le dire ainsi, n’ont cessé de se dégrader dans notre pays. On ne compte plus, au cours des dernières années, les images affligeantes d’évacuation de camps, dont la dernière a fait particulièrement parler, alors que le gouvernement s’enfonce encore davantage dans des politiques sécuritaires et que de nombreuse associations dénoncent un « cycle destructeur » d’évacuation et de relocalisation, qui fragilise considérablement ces populations, en particulier dans un contexte sanitaire qui touche particulièrement les plus précaires et alors que les places d’hébergement font souvent défaut.

Car nous, nous ne voulons pas fermer les yeux. Ni détourner le regard.

Notre ambition est de faire évoluer une situation inacceptable.

Évidemment, les discours et adhésion en tout genre ne sont pas suffisants, c’est pourquoi nous œuvrons au quotidien pour combattre toutes les formes de pauvreté et de fragilités, en particulier en cette période hivernale. Je pense notamment au relogement des personnes qui vivaient sur le parking des Chartreux (dans le 1er arrondissement) ou encore l’évacuation du squat Maurice Sèves du 4ème arrondissement et le relogement des jeunes et moins jeunes qui y vivaient. J’évoquerai également la mise en place d’un comité de suivi à l’initiative de la ville avec les collectifs de militants, les associations qui les accompagnent, les jeunes migrants. Car notre méthode se fonde sur le dialogue.

Je parlerai aussi de l’ouverture de 160 places d’hébergement en auberge de jeunesse, rendue possible notamment grâce à la mobilisation des élus du 5ème arrondissement. Je citerai enfin le projet d’extension du restaurant municipal, ainsi que la création d’un pôle hygiène public qui renforceront encore notre capacité à fournir un accueil dans le respect et la dignité.

Nous continuerons à mener et à expérimenter des politiques d’accueil et de logement et poursuivrons nos efforts pour que l’État assume enfin ses engagements nationaux et internationaux.

Accueillir est une nécessité, mais c’est également un projet. Car aucune politique ambitieuse et pertinente ne peut être menée sans que l’on s’en donne les moyens.

Pour cela nous mobilisons aujourd’hui l’ensemble des outils disponibles, pour répondre aux besoins des plus vulnérables : office foncier solidaire, l’encadrement des loyers, la mise à disposition du bâti disponible par la ville, produire des logements.

Et en matière d’adhésion Monsieur Blanc nous ne serons pas en reste, avec l’adhésion du CCAS de Lyon à la fédération des acteurs de la solidarité.

Je vous invite si vous n’en êtes pas convaincu à prendre attache avec Louis Gallois qui en a été président pendant 8 ans ainsi qu’avec Pascal Brice, ancien directeur de l’OFPRA et actuel président, fervent défenseur du Droit D’Asile, que Monsieur Collomb connait bien.

Les politiques sociales ne constituent pas des dépenses sans contrepartie : car si l’on s’occupe durablement des personnes qui vont mal, elles iront mieux et la société dans son ensemble ira mieux, ce qui est un résultat inestimable. 

Le groupe Socialiste, la gauche sociale et écologique votera, bien évidemment, en faveur de cette délibération et continuera à s’engager pour l’accueil de tous dans la dignité et pour une politique d’asile juste et ambitieuse.

Je vous remercie.