Sandrine Runel – Intervention sur l’adoption du Budget primitif 2022 de la Ville de Lyon

Sandrine Runel – Intervention sur l’adoption du Budget primitif 2022 de la Ville de Lyon

Monsieur le Maire

Madame l’Adjointe, Chère Audrey

Mes chers collègues,

Le vote du budget est toujours un moment important et les différentes prises de parole sur le sujet depuis le début de ce Conseil, montrent bien à quel point il s’agit d’un moment politique pour notre assemblée.  

D’ailleurs, les différences de perceptions et d’interprétations sur cette délibération démontrent également que le clivage gauche/droite sans surprise, fonctionne toujours aussi bien.

Je ne reviens pas sur les détails de cette délibération, qui ont déjà été présentés et longuement débattus en commission, mais je souhaitais en revanche revenir sur l’ambition qu’elle présente.

En 2022, nous allons continuer à mettre en œuvre notre projet politique, pour changer Lyon en accord avec notre vision et notre ambition, dans la droite ligne de ce que nous avions voté lors du débat d’orientation budgétaire et avant cela encore, lors du vote de notre politique d’investissement.

En 2022, nous allons continuer à améliorer le service public et la qualité de vie des Lyonnaises et des Lyonnais notamment celle de nos enfants et de nos ainés.

En 2022, nous allons continuer à accompagner les plus fragiles, lourdement frappés par la pandémie, avec des budgets sociaux de nouveau en hausse, mais aussi permettant d’encourager le développement économique.

En 2022 nous allons continuer de mettre en œuvre les politiques que nous portons, et pour ce faire, nous allons mobiliser l’outil budgétaire, en fonctionnement comme en investissement.

Nous allons mobiliser l’outil budgétaire avec sérieux.  Je crois qu’après deux exercices budgétaires la qualité comme la compétence de notre adjointe aux finances n’est plus un sujet.

Ce ne fut d’ailleurs qu’un feu de paille, un discours de circonstance sans rapport avec la réalité des choses : encore un de ceux qui nous accusent de ne pas savoir gérer, de ne pas maîtriser les dépenses de fonctionnement, de laisser déraper l’endettement … de conduire la ville vers la faillite ou la banqueroute …

Car l’enjeu de notre mandat est bien de faire de la politique autrement, mais aussi de faire une autre politique.

Cela se traduit dans notre conception de l’exercice du pouvoir, dans notre manière de travailler ensemble, non pas verticalement, mais dans l’échange et la recherche de convergences et dans le respect des identités politiques de chacun.

Je sais que vous êtes attaché, Monsieur le Maire, à ce que chaque composante de notre majorité puisse s’exprimer, car notre équipe est plurielle.

Et je pense que c’est également grâce à cette pluralité que nous sommes parvenu à dessiner un plan de mandat dont les ambitions sont immenses : redonner du souffle à la démocratie locale, lutter contre l’exclusion et la pauvreté, donner à nos enfants la possibilité d’apprendre dans un cadre de qualité, réduire la pollution de l’air et ses effets délétères sur la santé de chacun.

Car changer Lyon ne passe pas tant par les grands discours, mais avant tout par les projets que nous y développons et développerons et en la matière laissez-moi vous dire que nous ne manquons pas d’idées.

En effet, mes chers collègues, notre ambition est forte.

Elle est forte quand il s’agit de développer une politique sociale protectrice et émancipatrice, quand il s’agit de fournir à chacun de quoi répondre à ses besoins essentiels.

Elle est forte aussi quand il s’agit de répondre aux besoins scolaires et d’améliorer les écoles existantes, que ce soit aux travers de la végétalisation, des piétonisation, ou qu’il s’agisse d’inscrire les élèves dans un parcours éducatif cohérent et concerté.

Elle est forte enfin, quand il s’agit d’agir pour la mobilité douce, un espace public végétalisé et apaisé où tout le monde trouve sa place.

Au quotidien notre majorité est engagée pour répondre aux besoins des lyonnaises et lyonnais et amener notre Ville vers la transition écologique et sociale.

Faire de Lyon un moteur, et pourquoi pas un modèle, de cette transition qui nécessite des efforts considérables et c’est bien le sens du budget qui nous est présenté aujourd’hui.

Ce budget est synonyme d’une majorité engagée. Engagée d’abord pour le service public. Celui-là même qui a été si capital pendant les longs mois de crise. Le service public à l’hôpital, qui reste mobilisé, malgré le manque atterrant de moyens et de reconnaissance.

Quand il s’est agi d’accueillir des patients en profonde détresse, quand il a fallu mettre en place le chômage partiel ou assurer l’enseignement des élèves : la fonction publique a répondu présente.

Ce service public que l’on veut aujourd’hui raboter, une fois n’est pas coutume, car trop couteux ou inefficace, trop dispendieux. Pourtant il ne faudrait supprimer ni personnel hospitalier, ni force de l’ordre, ni enseignant. Il ne faudrait pas toucher aux agents de proximité, dans nos communes, dans les départements, ni aux agents de propreté.

Dans ce contexte, que dire que l’action de celui qui voulait « disrupter » notre pays ? Un Président qui pendant 5 ans est resté sourd  aux demandes de dégel du point d’indice, à la détresse des étudiants, qui dans leur amphithéâtres sur-saturés, ont vu leur situation économique et sociale se dégrader. Que dire, après 2 ans de crise sanitaire de la réponse apportée à l’hôpital ? Alors que nous en sommes à la 5ème vague rien ne s’est amélioré, les choses ont même sensiblement empiré : lits fermé faute de personnel, agents sous-payé, non considérés et fatigués.

Que dire des enseignants ? Qui souffrant chaque nouveau protocole sanitaire, ont dû s’adapter, sans relâche, malgré le manque de considération et de reconnaissance de leur Ministre de tutelle.

Après 5 ans de Macronisme on ne peut pas tellement dire que la République soit « en marche », mais plutôt à genoux. La société est fracturée comme jamais et les inégalités sociales galopent, et ce n’est pas notre ville qui est faillite mais bien nos services publics … 

Alors quand j’entends aujourd’hui des critiques quant à l’ampleur de nos dépenses, c’est parce que la nécessité l’exige.

La nécessité de rattraper un retard considérable, tant sur l’entretien et le développement du patrimoine municipal qu’en termes de transition solidaire et écologique.

Comment juger alors l’action de la précédente majorité qui prétendait avoir « un temps d’avance » ? Car si nos investissements sont importants, c’est aussi parce que le nécessaire n’a pas été fait par le passé.

N’est-il pas un trop facile de critiquer aujourd’hui des dépenses, alors qu’hier, à notre place, les efforts requis n’ont pas été faits ?

Vous n’avez pas fait le nécessaire pour entretenir le patrimoine des lyonnaises et lyonnais. Vous n’avez pas fait le nécessaire pour développer le service public municipal.

Vous n’avez pas fait le nécessaire pour renforcer et valoriser le travail de nos agents.  Vous n’avez pas fait le nécessaire non plus pour inscrire Lyon dans une trajectoire de transition écologique et sociale pourtant vitale.

Vous nous appelez à la responsabilité dans nos décisions budgétaires ? Mais où était-il le sens de la responsabilité, cette gravité face à l’avenir, il y a 5 ans, il y a 10 ans ? En arrivant aux responsabilités, nous n’avons rien découvert du besoin d’investissement dans le patrimoine, comme dans l’humain, ou dans les solidarités,

Nous savons nous que la capacité d’action de la Ville repose sur ses agents qui font vivre son service public et c’est pour cette raison que nous investissons et que nous nous investissons auprès d’eux.

Il est un peu facile de se draper aujourd’hui dans l’orthodoxie budgétaire, il est un peu facile de lancer des anathèmes, de grogner en réprouvant les choix que nous faisons. Mais il ne suffit pas d’avoir des principes et des projets pour notre ville, encore faut-il les mettre en œuvre lorsqu’on est aux responsabilités.

Pour nous socialistes, ce qui ressort de ce budget c’est la maitrise. La maitrise des dépenses et des équilibres budgétaires, la volonté aussi de maitriser des impacts de notre mode de vie, de notre modèle économique et politique, sur l’environnement et l’avenir de nos enfants.

Nous avons pris nos fonctions, en déclarant l’état d’urgence climatique, il nous appartient désormais de mettre en œuvre une politique permettant d’y répondre.

Car la situation est dramatique, vous le savez, nous prenons donc nos responsabilités, ne tombons ni dans la demi-mesure, ni dans le dogmatisme et nous engageons. Nous nous engageons pour faire du service public une machine impactante pour nos concitoyens, pour faire de Lyon une Ville à hauteur d’enfants, pour créer logements et équipements, pour faire de Lyon cette ville solidaire et inclusive.

Aussi, Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous mesurons la responsabilité qui est la nôtre, mais également l’opportunité que nous avons, collectivement, de faire changer les choses. Face à ce « coup de retard » que nous accusons tachons désormais de redoubler d’effort et atteindre nos objectifs.

Nous voulons continuer à faire commune, nous voulons continuer à développer une ville plus solidaire, plus sociale, plus écologique, plus accueillante, plus verte, plus mobile.

Et c’est tout cela que porte avec sérieux et rigueur ce budget primitif, c’est pourquoi les élus Socialistes, la Gauche Sociale et Écologique le votera favorablement.

Je vous remercie.