Sandrine Runel – Intervention sur sur fond d’archives Michel Chomarat

Sandrine Runel – Intervention sur sur fond d’archives Michel Chomarat

Monsieur le Marie,

Madame l’adjointe,

Chers collègues,

Le fait de disposer dans nos institutions, archives municipales, bibliothèques, musées, de différents fonds vient renforcer cette richesse qui fait de Lyon à la fois une capitale culturelle mais aussi un carrefour culturelle, cultuelle et politique.

Le fonds Michel Chomarat est le résultat d’autant de recherches que de combats menés pour qu’existent enfin dans l’espace public, à Lyon mais bien au-delà, l’histoire de certains, oubliés, puis réhabilités, comme lui-même l’a rappelé dans son travail : les gays et les lesbiennes, les francs-maçons, les algériens, les personnes à la rue, sans identité. Pour ne citer qu’eux.

Après avoir été ignorés de l’histoire collective, le travail de Michel Chomarat a consisté à redonner place et vie, à l’ensemble de ces luttes pour ne pas les voir mourir une deuxième fois.

A l’heure où certains parlent de liquider les héritages je me pose la question non pas du sens des archives mais de notre histoire.

Que serions devenus sans les luttes féministes, écologistes ou pour les droits humains et sociaux, que serions-nous devenus sans les femmes et les hommes qui les ont menés ?

Loin de la morale et des interdits, la transmission de ces documents devient un bien commun, un bien durable, accessible à tous.

Très attaché à ce que la transmission s’effectue dans l’institution c’est-à-dire dans les musées, nos archives, les bibliothèques, médiathèques ou autres lieux publics, c’est dans le service public finalement, qu’avec ce travail bien particulier nous permettons désormais de venir enrichir et compléter la mémoire de notre ville.

Et s’il existe une résonnance à Lyon, elle va bien au-delà désormais.

Encore une fois, on parle souvent de la transmission aux générations futures, je ne peux que vous invitez à découvrir ou redécouvrir ces archives, faire vivre cette mémoire et rendre dignité aux oubliés, ou comme avec beaucoup de provocation, lors des cérémonies des morts sans toits initiés à l’hôtel de ville, Michel Chomarat parlait de morts sans sépultures.

C’est à la fois une reconnaissance pour son travail s’il en était besoin, enjeu : une histoire particulière se transforme en histoire collective.

En ces temps de débat parfois obscur et tout est dit, et surtout n’importe quoi, il est important de pouvoir de se rappeler d’où on vient, et qui on est.

Car comme le disait avec gravité Primo Levi «  qui ignore son passé est condamné à la revivre »

Cela permet donc de conserver une « mémoire active », comme le titre de sa collection.

Notre groupe votera bien évidemment favorablement et vous remercie Mme l’adjointe de poursuivre ce travail.

Je vous remercie.