Sandrine Runel sur la Métropole accueillante et hospitalière

Sandrine Runel sur la Métropole accueillante et hospitalière

Lors de la Commission permanente du 26 avril, les élus ont été appelé à voter sur le plan « Métropole accueillante et hospitalière », un plan de 8,6 millions d’euros sur le mandat pour lutter contre la précarité, le mal-logement ou le sans-abrisme. Sandrine Runel est intervenue pour le groupe socialiste.

Seul le prononcé fait foi


Mes chers collègues,

Je me réjouis de m’exprimer au sujet de la mise en place de la politique pour une Métropole accueillante et hospitalière.

En tant que présidente de la Commission développement solidaire et action sociale de cette Métropole, mais aussi comme adjointe au maire de Lyon, déléguée aux solidarités et à l’inclusion sociale, je suis particulièrement sensible à ces questions et souhaite que la Métropole de Lyon puisse encore renforcer sa politique de solidarité.

Le projet de notre majorité consiste à construire une Métropole accueillante et hospitalière, qui érige les principes d’humanisme et de solidarité au cœur de son projet politique.

Mais cette ambition sociale, solidaire et humaniste, doit, je crois, traverser l’ensemble de nos politiques publiques. C’est ce que nous faisons avec ce projet, en traitant la précarité, la pauvreté, le sans-abrisme ou le mal logement.

Il ne s’agit pas seulement de lutter contre la pauvreté une fois installée, mais d’envisager cette question dans une approche multifactorielle, liant les problématiques sociales, psychosociales, économiques et de logement.

Notre but est bien de lutter efficacement contre les situations sociales parfois dramatiques, mais surtout, quand cela est possible, de permettre de prévenir ces situations, qui même lorsqu’elles trouvent une résolution laissent une trace dans les parcours et dans la mémoire.

C’est ce que nous faisons quand nous mobilisons les leviers métropolitains pour faciliter l’accès aux droits ou en renforçant l’accompagnement social. Ce sont ainsi 28 projets pilotes en matière d’accompagnements qui seront reconduits, pour un total de 400 bénéficiaires.

Mes chers collègues, nous le savons, nous avons un impératif à agir. Plus encore après plus d’un an de crise sanitaire, qui a considérablement aggravé nombre de situations sociales, parfois déjà fortement dégradées. Rappelons que le confinement du mois de mars 2020, a privé bon nombre des plus fragiles, je pense notamment aux personnes sans domicile, d’un accès vital aux solidarités leur permettant d’avoir accès à l’hygiène ou à l’alimentation.

Nous ne devons pas laisser la crise sanitaire se transformer en drame social.

Nous ne pouvons pas fermer les yeux face à une situation où près de 20 000 personnes sont dépourvues de logement sur notre territoire, dont 2 500 au moins vivent à la rue, ou dans des conditions extrêmement précaires et inacceptables.

Aussi c’est un projet ambitieux et cohérent que nous présentons aujourd’hui. Nous nous engageons pour lutter efficacement contre le sans-abrisme, en nous fixant pour objectif de réduire de moitié le nombre de personnes dormant dans la rue.

Cela nous le ferons en développant une offre de logement et d’hébergement adaptée, pour accueillir les personnes en grande difficulté en mobilisant le foncier métropolitain, ou en proposant des solutions ad hoc, je pense notamment au développement de l’accueil et du logement intercalaire, dans des « tiny house » ou de l’hébergement collectif ou semi-collectif.  

C’est un investissement de 8,6 millions d’euros pour le mandat qui nous permettra d’atteindre nos objectifs en investissant dans des logements modulaires, l’amélioration des hébergements existants.

Mais cette politique passe aussi par un meilleur accès et un maintien dans le logement (social notamment). Nous devons prévenir les « sorties sèches » des dispositifs d’aide sociale et d’aide à l’enfance et mobiliser les services et les partenaires de la Métropole, pour permettre le plus possible de maintenir les personnes dans leur logement.

Beaucoup de situations dramatiques commencent en effet par la perte du logement. C’est la politique que nous conduisons avec le projet « zéro remise à la rue », aux côtés de l’État, des bailleurs et de nos partenaires associatifs.

Enfin, nous savons qu’ « un toit ne suffit pas », il nous faut certes venir en aide aux plus démunis, aussi en leur permettant d’entrer dans un parcours d’insertion sociale et professionnelle pour sortir durablement des situations de pauvreté.

Ainsi ce sont 1 600 000 € qui seront alloués à l’accompagnement des personnes relogés par la Métropole de Lyon. Par ailleurs, 550 000€ de subvention sont prévus pour fournir aux occupants de l’habitat précaire un soutien alimentaire, d’accès au droit et à la santé. Nous nous engageons également dans l’amélioration des conditions de vie matérielle au sein des squats ou des campements, en permettant une amélioration technique, sanitaire et une sécurisation des sites occupés.

Notre responsabilité est de garantir des conditions d’habitat dignes et de ne pas accepter que certains vivent dans des conditions atrocement précaires. Cela est particulièrement vrai dans le cas de l’ancien collège Maurice Scève, le plus important du territoire, qui a été évacué il y a plusieurs mois et dont les résidents ont été relogés, grâce à la mobilisation des services de la Métropole de Lyon, la Préfecture, certaines communes et nos partenaires associatifs.

La solidarité, l’accueil et l’humanisme sont l’affaire de tous, et la mobilisation de tous les acteurs du territoire est la condition sine qua non de notre réussite.

Cette cohérence et cette synergie se manifestent aussi dans l’action menée par la Ville de Lyon, en faveur des plus démunis. On peut citer par exemple le relogement des jeunes sans-abris qui occupaient plusieurs sites de la presqu’île et dont la plupart ont été relogés de manière adaptée, notamment dans des caravanes situées dans le 9ème arrondissement. Ils ont ainsi pu être accueillis avec leurs animaux. Cela montre notre volonté d’être à l’écoute des personnes ayant des besoins spécifiques, en l’occurrence le souhait de ne pas être séparés de leur compagnon.

Aussi mes chers collègues, je me réjouis que cette politique puisse être adoptée aujourd’hui et mise en œuvre demain.

La Métropole fait ainsi la démonstration, aux côtés des communes qui la composent, de ses partenaires institutionnels et associatifs également, que faire solidarité est possible, et surtout protège les plus précaires et les plus démunis en permettant de les accueillir dans des conditions dignes et bénéficiant d’une prise en charge médico-sociale de qualité.

Le groupe socialiste votera favorablement ce rapport.

Je vous remercie