Sandrine Runel sur le Plan pauvreté

Sandrine Runel sur le Plan pauvreté

Ce rapport a pour objet de présenter les actions développées par la Métropole de Lyon et le soutien de notre collectivité aux associations qui accompagnent les citoyens les plus en difficultés, dans le cadre de la stratégie nationale de lutte et de prévention contre la pauvreté. Sandrine Runel est intervenue pour le groupe socialiste au Conseil du 27 septembre 2021.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

Depuis plus d’un an, la Métropole de Lyon a décidé de poursuivre l’engagement sur notre territoire de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté au moment même où la crise sanitaire frappait au plus fort les plus vulnérables et entrainait avec elles plus de 25 000 foyers de notre territoire dans une situation nouvelle de pauvreté et parfois de très grande précarité.

Si s’engager dans cette stratégie dès 2018 était pour notre collectivité une réelle opportunité d’accompagner les plus fragiles, elle est en 2021 une nécessité.

Ces différentes actions qui nous sont présentées depuis maintenant 3 ans, et que certains d’entre vous connaissent bien, visent plus particulièrement les jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance, les personnes en situation de précarité, ou d’insertion professionnelle, et plus spécifiquement les femmes les plus vulnérables.

Avec plus de 9% de bénéficiaires du RSA sur le territoire national, la pauvreté est devenue une constante de notre société.

Nous avons autant le devoir que la responsabilité d’agir. La crise sanitaire et ses effets économiques et sociaux rendent encore plus urgents la nécessité d’assurer aux plus fragiles l’accès à leurs droits les plus fondamentaux. Et c’est tout l’objet de ce plan d’action qui a déjà permis de toucher plus de 16 000 personnes. Une goutte d’eau me direz-vous ?

Laissez-moi citer « Mère Teresa » qui disait « Nous réalisons que ce que nous accomplissons n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais si cette goutte n’existait pas dans l’océan, elle manquerait ».

Elle manquerait surement aux 22% de jeunes de moins de 30 ans qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ou aux 13% de jeunes de la Métropole de Lyon qui n’ont ni emploi ni formation, et qui désormais peuvent bénéficier de différents dispositifs adaptés permettant d’assurer à tous les jeunes un parcours de formation, d’acquérir des compétences et de prendre leur indépendance. Nous devons rendre les droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité.

C’est tout l’intérêt pour la Métropole de cofinancer les fonds d’aide aux jeunes (FAJ) pour l’insertion professionnelle des jeunes, Convergence pour son dispositif 1ères heures, ou encore le booster Saint Jean du territoire zéro chômeur de Villeurbanne, dont l’efficacité n’est plus à démontrer, en espérant bien sûr que la prochaine délibération concerne le 8° arrondissement de Lyon pour le déploiement d’un Territoire Zéro Chômeur.

Ce rapport a pour objet de présenter les actions développées par la Métropole et le soutien de notre collectivité aux associations qui accompagnent les citoyens les plus en difficultés. Pour atteindre nos objectifs, la mobilisation des acteurs de terrain est indispensable, car ils disposent de la connaissance des réalités locales. Notre soutien leur est donc essentiel.

Car la crise sociale qui traverse notre pays et touche nombre de nos concitoyens met en lumière les besoins sociaux mais aussi les limites de notre modèle social à l’échelon national comme local.

Alors nous devons faire la preuve de l’effectivité des politiques sociales.

Le plan d’action pour les années à venir se décline dans un premier temps sur le renouvellement des actions existantes mais en renforçant les équipes sur le terrain et sur des territoires qui en ont particulièrement besoin comme par exemple Vénissieux, Vaulx-en-Velin ou encore Villeurbanne sur des missions de prévention spécialisée.

Plusieurs actions sont maintenues et renforcées je l’ai dit et c’est heureux de voir l’attachement de notre collectivité aux actions de lutte contre les violences faites aux femmes à travers notamment le soutien au CIDFF ou encore à VIFFIL.

De la même manière, l’accès au logement est un axe majeur de ce programme d’actions. Sur la métropole de Lyon c’est plus de 18 000 personnes sans logement personnel et près de 40 000 personnes qui sont en situation de sur-occupation. À Lyon, 62% des allocataires CAF lyonnais perçoivent une aide au logement.

Aussi, je salue l’engagement du vice-président au logement pour son investissement sur ces questions, tout d’abord auprès de la Maison de la veille sociale dans la lutte contre le sans-abrisme ainsi que dans la mise en œuvre de dispositifs d’accompagnement vers et dans le logement comme ici avec ADEL.

Créé en juin 2020 pour faire face à la crise sanitaire et à la baisse ou l’arrêt de revenus de certains ménages dans la métropole, le fond d’urgence métropolitain a permis d’aider plus de 400 ménages à faire face à leurs dettes de logement.

Face à l’installation de la crise dans la durée et dans un contexte de fin de trêve hivernale et de prévention des expulsions locatives, ce fonds a évolué vers une Aide exceptionnelle aux dépenses de logement (ADEL). Car oui, le logement est un droit fondamental.   

Prévenir le décrochage scolaire, est aussi partie prenante de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté. Nous l’avons tous constaté pendant les confinements ou encore plus récemment avec les fermetures de classes.

Au collège, l’enseignement à distance impacte directement les résultats scolaires et aggrave davantage les difficultés dans les apprentissages issues de l’école élémentaire qui n’ont pas été surmontées. Cela entraine de fait nombre d’élèves dans des situations d’échec et de détresse.

À ce titre, le partenariat avec les centres sociaux est indispensable tant il permet de favoriser des réponses pertinentes aux besoins sociaux des habitantes et des habitants comme à proposer des interventions spécifiques.

Le soutien psychologique aux adolescents et aux jeunes adultes résidant en quartiers prioritaires est lui aussi un maillon essentiel dans la lutte contre la pauvreté porté à la fois par l’ARHM et relayé par les points accueil écoute jeunes sur la métropole.

La question de l’accès à la culture pour toutes et tous est certainement celle dont nous pouvons à juste titre nous féliciter. La culture contribue de manière importante autant à l’épanouissement personnel qu’à la création et la protection du lien social.

Enfin, je sais que nous pouvons nous appuyer sur le professionnalisme des acteurs locaux, des CCAS, des associations, nos partenaires, et des agents de la métropole, comme toujours, engagés, efficaces, investis, performants, prêts à répondre aux besoins divers de la population.

Notre groupe votera favorablement ce rapport.

Je vous remercie.