Sandrine Runel sur le Plan pauvreté

Sandrine Runel sur le Plan pauvreté

En raison du 2ème confinement, toutes les actions prévues dans le Plan pauvreté n’ont pu être menées. Pour cette raison, le Conseil de la Métropole a validé une extension du calendrier des actions. Sandrine Runel est intervenue pour le groupe sur cette délibération.

Seul le prononcé fait foi


La stratégie pauvreté lancée fin 2018 par le Président de la République, avait pour vocation de réduire la reproduction de la pauvreté dès les premières années de la vie, garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants, assurer à tous les jeunes un parcours de formation leur permettant d’acquérir des compétences et de prendre leur indépendance, rendre les droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité et investir pour l’accompagnement de tous vers l’emploi. 

Lorsque la Métropole de Lyon s’est engagée comme territoire démonstrateur dans cette stratégie, cela était l’occasion de mettre en avant ce que notre collectivité et les partenaires associatifs savaient faire, mais aussi, d’obtenir des moyens supplémentaires pour développer la solidarité sur notre territoire.

Cette délibération bien que purement technique permettant le report de crédits et le déploiement de projets non réalisés du fait du premier confinement notamment, est l’occasion, à l’aune d’un 3° confinement, de rappeler quelques réalités.

Nous allons devoir faire face à un contexte où la disparition de la pauvreté et de l’exclusion n’apparait plus comme un objectif atteignable, ou la complexité des situations humaines résistent mal aux catégories administratives et à des dispositifs qui parfois s’empilent et se superposent sans grande visibilité pour celles et ceux qui les vivent au quotidien et à qui ils s’adressent.

Je partage l’inquiétude des associations : la crise épidémique ne doit pas mener à un drame social.

La COVID-19 chamboule toute notre société, notre quotidien, nos habitudes. Mais il n’est pas question d’abandonner la solidarité et l’action sociale.

Nous le savons, tous les acteurs de la solidarité ont un rôle incontournable en temps de crise :

  • D’une part, parce qu’ils viennent en aide à des personnes qui ont besoin d’être protégées face à un virus qui va les frapper plus durement que le reste de la population.
  • D’autre part, parce que si l’aide destinée à ces publics fragiles venait à s’interrompre du fait de la situation sanitaire, les conséquences pourraient être dramatiques.

Nous savons aussi que la santé de tous est en jeu, mais pour les plus pauvres, il n’y a plus aucune échappatoire.

Tensions intra familiales et décompensations psychiques pour ceux qui vivent en logement surpeuplés, enfants sans apprentissage scolaire par manque d’appui des parents ou de possibilité de se connecter.

La pandémie a permis de vérifier le constat fait par l’anthropologue David Graeber : plus un emploi est utile à la société, moins il est payé et considéré.

Aussi il est de notre devoir de protéger ceux que le contexte social fragilise.

Je souhaite ainsi attirer votre attention sur la situation dramatique que vivent nos jeunes. Tous nos jeunes.

Pour soutenir les personnes les plus en difficultés dans le contexte de crise sanitaire et suite au couvre-feu de l’automne, le gouvernement avait annoncé qu’une aide financière ponctuelle serait versée aux allocataires du RSA et de l’APL ainsi qu’aux étudiants boursiers.

C’est donc environ 1,1 million de jeunes qui devaient bénéficier de cette aide de 150€ : 400 000 jeunes de moins de 25 ans allocataires de l’APL et environ 700 000 étudiants boursiers sur critères sociaux.

Pourtant, cette aide manque une partie importante de sa cible : les jeunes les plus précaires, ne bénéficiant ni du RSA ni de l’APL car ne disposant pas d’un logement les rendant éligibles à l’allocation.

Alors que le Sénat vient de rejeter une proposition de loi visant à étendre le RSA aux 18/25 ans pour répondre à l’urgence sociale de ces jeunes sans emploi, dont le situation de précarité a été aggravée par la crise du COVID 19, je salue de fait le travail engagé par la Métropole de Lyon concernant le Revenu de Solidarités Jeune, et la volonté d’accompagner les jeunes de notre métropole qui doivent faire face à la crise sociale et économique.  

Les jeunes sont en première ligne de cette crise. Ils servent de première variable d’ajustement chez les employeurs et c’est eux, ceux exerçant les métiers les moins rémunérés (livreur, aide-soignant, nettoyage) qui s’exposent ainsi plus que le reste de la population.

C’est plus d’1,5 million de jeunes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, un jeune de moins de 25 ans sur cinq.

Faites le calcul dans cette assemblée, c’est 30 de vos enfants qui sont concernés.

Il est temps d’agir et de donner des perspectives.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que le groupe socialistes votera favorablement ce rapport et continuera de soutenir le travail mené par l’exécutif dans le domaine du développement solidaire et de l’action sanitaire et sociale.

Je vous remercie.