Sandrine Runel sur la précarité étudiante

Sandrine Runel sur la précarité étudiante

La Métropole de Lyon, depuis 2020, a adopté un certain nombre de mesures pour lutter contre la précarité étudiante et aider les associations de solidarités. À l’issue d’un groupe de travail présidé par Jean-Michel Longueval, plusieurs mesures ont été retenues, dont la lutte contre la précarité numérique, objet de cette délibération. Retrouvez l’intervention de Sandrine Runel pour le groupe socialiste.

Seul le prononcé fait foi


La crise sanitaire que nous affrontons depuis maintenant plus d’un an entraine une crise économique et sociale dont la jeunesse semble payer le plus lourd tribut. Le plus souvent, les crises révèlent et aggravent les failles existantes de nos sociétés, plus qu’elles ne les créent.

C’est bien le cas pour la situation des étudiants que nous ne découvrons pas. Elle constitue une tendance lourde depuis des années et que la crise a accentuée, et non suscitée.

Cette crise sanitaire est longue, bien plus longue que ce que nous avions imaginé, lors de l’annonce du premier confinement.

À l’aube d’un énième épisode de confinement, force est de constater que la promesse du retour des jours heureux s’est bien éloignée.

En effet, si aujourd’hui plus de 30 % des jeunes vivent sous le seuil de bas revenu en France, le caractère endémique de la pauvreté des plus jeunes nous impose d’apporter des solutions d’extrême urgence, mais pas que, il faut, et il est de notre devoir, d’agir sur du long terme pour améliorer structurellement la situation des étudiants.

Privés de cours, privés de relations sociales et bien souvent privé d’emploi, les près de 175 000 étudiants installés dans la métropole de Lyon vivent depuis la dernière rentrée universitaire une situation bien dramatique à tout point de vue.

Selon l’Observatoire de la vie étudiante,  6 étudiants sur 10 ont arrêté ou réduit leur activité rémunérée, provoquant une baisse de leurs revenus de 274 euros par mois en moyenne. Résultat ? Près de 56% des étudiants déclarent avoir rencontré des difficultés pour leurs courses alimentaires.

Les étudiants, nos jeunes vivent une période où viennent se cumuler les plus grandes difficultés, se creuser les inégalités, un moment au cours duquel le destin social de l’individu se fige souvent.

Alors que faire ?

Le travail engagé par la Métropole de Lyon et porté par son vice-président Jean Michel Longueval a eu le mérite d’investir une méthode de travail et de concertation et de s’y tenir, malgré souvent des pressions et polémiques stériles dont nous finissons par avoir l’habitude.

En associant l’ensemble des  groupes politiques à la réflexion, le vice-président a choisi la transparence et la clarté, tant le sujet nous l’impose.

À travers la mise en place d’auditions de différents acteurs, nos réflexions ont pu évoluer, en nous appuyant sur l’expertise des premiers concernés.

J’en profite pour remercier à nouveau le recteur, les présidents d’université ainsi que les représentants des étudiants qui nous ont consacré de leur temps afin de co-construire des réponses adaptées.

Car si nous prenons le temps d’analyser en profondeur la situation que vivent les étudiants les plus précaires, nous retrouvons encore une fois les décisions les plus injustes du Gouvernement.

1ère réforme des APL en janvier 2018 avec une baisse de 5 euros par mois dont certains, ici présents, disaient que 5 euros en moins n’empêchait pas de vivre,

3 ans après, un nouveau mode de calcul qui depuis le 1er janvier 2021 fait perdre des revenus aux étudiants ayant une activité professionnelle récente.

Nous le savons, les conséquences de la crise sanitaire sur l’activité économique augmentent les difficultés à trouver un stage ou un emploi saisonnier.

Cela renforce la fragilité d’un certain nombre d’étudiants du fait notamment de l’isolement ou de l’éloignement de leurs proches.

C’est pour cette raison qu’a été mise en place une cellule d’écoute et de soutien psychologique par le biais de l’institut régional Jean Bergeret pour éviter que la détresse psychologique des étudiants se transforment en drames humains et familiaux.

Pour autant il ne serait pas honnête de ne pas faire état des mesures exceptionnelles apportées par l’État en faveur des étudiants les plus précaires : dont le repas au CROUS à 1 euro par jour ou les chèques de soutien psychologique.

La Métropole par cette délibération vient compléter le soutien aux étudiants les plus en difficultés :

Actions et aides pour lutter contre la précarité numérique, mise à disposition de stages ou de jobs saisonniers, soutien psychologique, permettre une véritable insertion sociale et professionnelle dans notre société.

Mais ce n’est pas tout, d’autres dispositifs initiés par la Métropole comme les tarifs de solidarité pour les étudiants mis à jour par le SYTRAL, le revenu de solidarités jeunes qui même s’il ne concerne pas directement les étudiants pourra venir les soutenir dans l’attente d’un premier emploi.

Ainsi, la Métropole de Lyon poursuit son engagement en faveur des plus précaires, aux côtés des villes qui la composent.

Inventer de nouvelles solidarités, c’est précisément ce que font les communes, à travers leur CCAS qui accompagnent aussi les jeunes au travers de leur fonds d’aides aux jeunes, ou par la mise à disposition de locaux à des associations pour des distributions alimentaires et des collectes de produits d’hygiène et de première nécessité comme avec Règles Élémentaires par exemple.

 Nous avons Monsieur le Président, conscience de l’urgence à agir, d’engager des transformations durables à la hauteur des besoins.

La crise sanitaire a remis la situation des jeunes au premier rang des priorités et nous nous félicitons que la Métropole y prenne toute sa part.

Je terminerai Monsieur le Président, en citant un ancien président, François Mitterrand :

« Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort ».

Le groupe socialiste votera favorablement ce rapport.