Sandrine Runel sur la situation des étudiants pendant la crise sanitaire

Sandrine Runel sur la situation des étudiants pendant la crise sanitaire

Intervention de Sandrine Runel (Adjointe au Maire en charge des solidarités) lors du Conseil municipal de Lyon du 28 janvier 2021

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette délibération sur l’attribution de subventions aux associations étudiantes, me donne l’opportunité de parler de ceux qui subissent de plein fouet la crise sanitaire et qui sont à n’en pas douter les grands oubliés des dispositifs gouvernementaux.

La crise sanitaire que nous traverssons est longue, bien plus longue que ce que nous avions imaginé, lorsque l’annonce du premier confinement. Qui imaginait à l’époque qu’il faille accoler le qualificatif « premier » au mot confinement. A l’aube d’une troisième période d’isolation, force est de constater que la promesse du retour des jours heureux s’est bien éloignée.

La Ville est lui est plus que concernée par cette crise qui traîne en longueur. Je pense bien sûr aux 175 000 étudiants qui vivent sur le territoire de la Métropole de Lyon et dont beaucoup ont été précipités dans la précarité par la crise.

 Ils vivent aujourd’hui une situation dramatique. Privés de cours, privés de relations sociales et bien souvent privé d’emploi. On pense bien sûr à la fermeture des restaurants, qui emploie beaucoup d’étudiants, mais n’oublions pas tous ces petits « jobs », serveurs, babysitter et qui ont aujourd’hui disparu. Selon l’Observatoire de la vie étudiante,  6 étudiants sur 10 ont arrêté ou réduit leur activité rémunérée, provoquant une baisse de leurs revenus de 274 euros par mois en moyenne. Résultat ? Près de 56% des étudiants déclarent avoir rencontré des difficultés pour leurs courses alimentaires.

Alors pour compenser ces difficultés financières, c’est la solidarité qui a joué. Les associations étudiantes se sont mobilisées aux cotés des structures d’aide alimentaire comme la banque alimentaire, les restos du cœur ou le secours populaire pour fournir des paniers alimentaires.

La ville de Lyon a tout de suite répondu présente en mettant à disposition des salles municipales et nos arronidssements ont été plus que réactifs pour accompagner les associations d’étudiants comme GAELIS, la maison des outre mer ou encore le collectif de solidarité étudiante de Lyon.

Mais aurions nous pu faire autrement ?

Car bien qu’a l’automne, le gouvernement anonçait une aide financière ponctuelle pour les allocataires du RSA et de l’APL et les étudiants boursiers, la situation n’a pas évolué avec 150 euros.  

De plus, cette aide manque une partie importante de sa cible : les jeunes les plus précaires, ne bénéficiant ni du RSA ni de l’APL.

N’oublions pas non plus, la situation des étudiants étrangers, qui sont nombreux à venir étudier dans notre ville et qui bien souvent se trouvent coupé de tout lien social et sont inéligibles à la plupart des aides. Tant est si bien qu’ils sont 44 % à estimer que leur alimentation a été moins satisfaisante pendant le confinement (contre 21 % des étudiants français).

Aussi je pense qu’il faut saluer l’engagement de la Métropole de Lyon concernant la création du Revenu de Solidarités Jeune et sa volonté d’accompagner les jeunes de notre métropole qui doivent faire face à la crise sociale et économique.

A la situation sociale dramatique, s’ajoute une situation psychologique d’extrême fragilité. En témoigne les récents actes de désespoir commis par deux étudiants lyonnais ces dernières semaines. Toujours selon l’Observatoire de la vie étudiante, plus de 50% d’entre eux ont déclaré avoir souffert de la solitude depuis le début de la crise, 34% ont présenté des signes de détresse psychologiques.

 Il nous faut renforcer l’accompagnement psychologique des jeunes, qui lorsqu’ils sont en souffrance, ne savent pas à qui s’adresser ou n’ont le plus souvent pas les moyens de le faire. Des outils comme le site LyonCampus permettent de mieux diffuser l’information, notamment celle relative à l’accopagnement phsychologique, mais des efforts restent encore à faire.

Il nous faut continuer d’agir sans tarder pour venir en aide aux étudiants les plus précaires, qui vivent une situation alarmante. Ne les abandonnons pas à leur sort pour un troisième confinement.

Je vous remercie,