Sandrine Runel sur le Plan de mandat et l’amendement déposé par le groupe Socialistes

Sandrine Runel sur le Plan de mandat et l’amendement déposé par le groupe Socialistes

« J’ai la responsabilité au nom de notre majorité de proposer un amendement à cette délibération. Cette une démarche peu commune, chacun en conviendra, probablement singulière, assurément inédite dans notre Conseil.
Ainsi, cet amendement vise à renforcer la lisibilité du plein équilibre de notre plan de mandat. Car nous ne voulons pas que notre projet politique puisse être caricaturé, voire réduit par certains aux seules préoccupations environnementales. Non l’écologie politique c’est un projet d’avenir pour tous et par là c’est indiscutablement un projet social« 

Conseil municipal des 25-26 mars

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Maire, chers collègues.

Après les interventions des trois groupes d’opposition, qui malgré des accords d’entre deux tours, il y a moins d’un an, peinent à faire une déclaration commune, j’ai la responsabilité au nom de notre majorité de proposer un amendement à cette délibération. Cette une démarche peu commune, chacun en conviendra, probablement singulière, assurément inédite dans notre conseil.

Et cette initiative, je tiens à le saluer, elle vient de vous, Monsieur le Maire, vous avez voulu que nos débats, notre façon de converger et finalement notre façon de faire commune, se fasse en public, devant les lyonnaises et les lyonnais dans la clarté et dans la transparence, dans le respect des identités politiques de chacun.

Elle est la marque de votre manière de concevoir l’exercice du pouvoir.

Car en effet, dans cette majorité vous êtes le garant que les arbitrages ne soient pas le simple fruit de rapport de force, mais bien la traduction concrète de nos engagements. J’en vois le signe du respect de l’expression plurielle de nos concitoyens.

Ainsi, cet amendement vise à renforcer la lisibilité du plein équilibre de notre plan de mandat.

Car nous ne voulons pas que notre projet politique puisse être caricaturé, voire réduit par certains aux seules préoccupations environnementales. Non l’écologie politique c’est un projet d’avenir pour tous et par là c’est indiscutablement un projet social.

Notre projet s’engage à préserver la planète pour ne pas obérer l’avenir des générations futures, à placer la transition écologique au cœur de la justice sociale, à avoir le souci constant de prévenir les impacts sociaux induits par le changement climatique, à concilier les mutations indispensables de l’action publique et le maintien d’un service pour tous.

Il s’agit là de réussir une transition de civilisation.
Et ce projet de mandat en est notre humble contribution.

De ce fait, la présentation de ce plan de mandat est un acte fondateur qui inscrit notre action dans la durée et en présente ses ambitions.

Le présent amendement vise à enrichir cette stratégie en s’appuyant sur les engagements portés par notre majorité, notamment en matière de solidarités et d’inclusion sociale.

Au-delà de ces éléments, cette présentation atteste de la volonté de notre équipe d’honorer le contrat qui nous lie aux Lyonnaises et aux lyonnais qui nous ont élus.

Nous avons fait le choix d’une méthode d’élaboration collective et participative où chacun a pu exprimer et partager ses attentes, ses questionnements, ses interrogations, et parfois même ses désaccords.

Nous avons su y faire face et élaborer un plan de mandat qui ressemble et rassemble les 24 délégations qui composent notre exécutif. Nous avons su nous rassembler pour construire une réponse cohérente à la situation d’urgence que connait notre ville aujourd’hui.

Et c’est bien cela le contrat que nous avons passé avec les lyonnaises et les lyonnais, car ce projet municipal, est la traduction de nos programmes respectifs.

Ce plan de mandat est un laboratoire.

D’abord par la méthode, en repensant l’action publique et les services à la population, en plaçant au cœur de nos réflexions l’usage et les pratiques de tous les habitants.

Pour élaborer ce plan de mandat, nous nous sommes fixés de répondre à une exigence, celle de fonder l’action publique sur la vie quotidienne des lyonnaises et des lyonnais, en partant du local, du terrain, afin de construire les réponses aux nécessités de notre temps, aux transitions qui peuvent être douloureuses pour certains.

Nous ne découvrons rien depuis maintenant 9 mois des difficultés que beaucoup rencontrent et que la crise sanitaire, devenue économique et sociale, a accentuées. Le plus souvent, les crises révèlent et aggravent les failles existantes de nos sociétés, plus qu’elles ne les créent.

Depuis 9 mois maintenant nous agissons. Nous entendons les inquiétudes des parents pour leurs enfants, des familles pour leurs ainés, de la jeunesse qui semble en payer le plus lourd tribut.

Depuis le mois de juillet dernier, nous avons fait des choix.

Celui de l’éducatif bien sûr, car l’éducation est un marqueur politique majeur pour notre équipe municipale.

Ainsi nous sanctuariserons nos établissements scolaires, d’abord en protégeant leurs alentours par la piétonisation et la mise en sécurité de l’environnement, et ensuite, au sein des écoles, nous rénoverons les bâtiments pour offrir un meilleur cadre de travail à la communauté éducative.

Dans les cours d’école également nous engagerons un vaste plan de végétalisation pour le bien-être des enfants évidemment mais pour le bien-être de tous avec cette volonté affichée de limiter les effets du réchauffement climatique.

Ce sont des éléments très concrets, avec toute la promesse républicaine qui est derrière en termes d’émancipation, d’égalité des chances et pour le développement, l’apprentissage, et l’épanouissement de nos enfants.

La question éducative est éclairante sur notre rapport à la société. Les villes sont en premières lignes dans les politiques éducatives. Aussi, la construction d’une école plus juste mérite l’attention de chacun et l’énergie de tous.

Nous avançons également sur le plan pédagogique sur les enjeux du développement durable et la sensibilisation à l’égalité entre les filles et les garçons.

Nous engagerons aussi un vaste plan pour la rénovation thermique et énergétique de nos bâtiments. Car notre patrimoine communale, s’il n’est pas inscrit à l’UNESCO, reste le patrimoine commun de notre ville et quotidien des lyonnaises et des lyonnais. Il y sera consacré un large programme d’investissements nécessaires pour rattraper des années d’abandon.

Nous avons fait le choix de réconcilier la ville avec l’environnement.

Nous avons fait le choix des transitions avec des objectifs précis comme viser le 0 déchet, développer les modes doux et les mobilités actives, partager l’espace public, mettre en œuvre des modèles alternatifs de production et de consommation, promouvoir une économie circulaire, assurer la tranquillité publique, renforcer la cohésion sociale et promouvoir la mixité sur l’ensemble du territoire.

Nous voulons accompagner ses transitions pour les plus fragiles et faire de Lyon une ville au service de toutes les vies.

Je mesure Monsieur le Maire la responsabilité qui est la nôtre dans la réalisation de ce plan de mandat. Vous avez fait le choix de présenter publiquement et de soumettre au vote ce plan de mandat. C’est un exercice démocratique ô combien appréciable pour la vie publique en général et pour les lyonnais en particulier.

Alors oui nous prenons le risque collectivement que dans 6 ans, on nous demande des comptes. C’est pour cela que nous ferons un premier bilan dès 2023 comme cela est précisé dans cette délibération.

C’est en ce sens aussi que la notion de redevabilité ne restera pas simplement un mot accolé à une délégation, mais sera un vrai principe moteur de notre mandat.

Nous sommes redevables envers les citoyens mais exigeants envers nous- mêmes.

C’est à partir d’indicateurs que nous pourrons mesurer le chemin parcouru au cours du mandat et réorienter si nécessaire.

Parce que nous ne cherchons pas à faire la une des journaux même si certains nous y poussent, ni à plaire à Paris et par là j’entends au gouvernement, mais à respecter l’accord de Paris.

Je mesure notre responsabilité, mais je sais aussi notre impatience !

Car je veux dire que notre ambition ne se partage pas seulement derrière un écran les jours de conseil, elle se traduit en actes.

Nous sommes impatients de pouvoir redonner gout à la démocratie avec le déploiement des budgets participatifs. Ce n’est pas pour nous un gadget ni le fruit d’une contrainte législative, mais une réelle conviction de favoriser l’implication toujours plus grande des habitants dans la construction de nos politiques publiques.

Nous n’allons pas seulement demander leur avis mais nous allons par ces enveloppes leur permettre de choisir. C’est d’une ampleur inédite. Il ne s’agit pas là d’un choix dogmatique mais d’un budget de 25 millions d’euros. Ce n’est pas une lubie partisane, c’est redonner du pouvoir d’agir par des moyens concrets et financiers.

Impatients bien sûr de voir naitre sur Lyon un bouclier social municipal, qui garantira l’accès et l’effectivité des droits fondamentaux pour les lyonnaises et les lyonnais les plus fragiles.

L’accès à la santé, avec le développement des centres de santé publics et des maisons pluridisciplinaires, l’accès à l’énergie avec des tarifs négociés, l’accès à une alimentation de qualité pour les plus jeunes dont certain vont à l’école le ventre vide, l’accès aux mobilités, aux loisirs et aux pratiques sportives.

Ainsi en lien avec la Métropole de Lyon, nos services pourront assurer auprès de nos concitoyens, une offre de transports, un revenu de solidarité pour les plus jeunes, un accès à l’eau avec la mise en œuvre d’une tarification progressive de l’eau et une gratuité des premiers m3.

Quand certains nous dirons comme nous l’avons entendu récemment c’est de l’assistanat, nous répondrons droits fondamentaux, quand certains parleront d’appel d’air nous penserons dignité humaine.

Car ce n’est pas en fermant les fontaines pour les sans-abris que nous renouerons avec l’humanisme lyonnais mais bien en offrant à ces derniers des places d’hébergement supplémentaires comme nous le faisons depuis le début du mandat, et en développant des services nouveaux gérés par le CCAS.

Nous avons fait le choix déterminé d’assurer notre devoir d’action sociale et de ne pas nous en cacher : car c’est aussi cela faire commune.

Pour autant nous ne sommes pas naïfs face aux résignations d’une société marquée par l’explosion des inégalités.

C’est en ce sens que nous nous engagerons dans la lutte contre le non recours aux droits.

Nous avons Monsieur le Maire, conscience de l’urgence à agir, d’engager des transformations durables à la hauteur des besoins.

Agir contre les injustices environnementales et leurs multiples résonnances sociales, avec cette humilité de ne pas penser avoir raison tout seul, mais préférer l’écoute, le dialogue, la co-construction et la participation citoyenne.

C’est un nouveau souffle pour la pratique sportive que nous insufflons avec ce plan de mandat. Nombreux sont ceux qui ont exalté les vertus éducatives et sociales du sport. Mais comment les rendre possible quand les équipements sont délabrés, quand nos gymnases ne disposent pas de vestiaires, de douches ou de sanitaires décents ?

Là encore nous répondrons par une politique sportive ouverte et accessible à tous, en rénovant des gymnases, des terrains de sport, en favorisant la pratique féminine des activités.

Enfin dans notre projet de mandat, c’est une véritable politique de promotion des services publics qui est présenté. Une politique sociale à destination de nos agents, valorisante et reconnaissante du travail accompli, à laquelle s’adjoint une écoute renforcée des besoins des usagers. Les deux concourant à la qualité et à la promotion du service public.

Nos engagements se traduiront par l’adoption d’un pacte social en faveur du service public et des agents municipaux, une charte du dialogue social, qui contribueront à redonner du sens à l’action publique autour d’un projet d’administration partagé.

Réaffirmer les grands principes du service public que sont l’accessibilité, la proximité et l’adaptabilité.

Enfin, Monsieur le Maire, en acceptant cet amendement vous n’avez pas fait un pas de côtés mais vous avez permis de construire le chemin pour faire commune de cette majorité pour les lyonnaises et les lyonnais.

Je terminerai en exprimant au nom de la majorité, notre détermination à faire de Lyon la ville durable et solidaire à laquelle nous aspirons.

Alors oui nous sommes réalistes, et nous exigeons l’impossible. C’est le sens de ce plan de mandat.

Je vous remercie.