Anne Reveyrand sur le Plan Métropole solaire

Anne Reveyrand sur le Plan Métropole solaire

L’énergie est aujourd’hui au cœur des préoccupations. Dérèglement climatique, explosion des prix, précarité énergétique, rupture d’approvisionnement, etc. Nous sommes face à de nombreux défis qui imposent d’agir. Faciliter le développement de toutes les sources d’énergies qui permettront de réduire la dépendance aux approvisionnements étrangers comme aux énergies fossiles est une nécessité. La Métropole propose donc un Plan Métropole solaire pour prendre sa part. Anne Reveyrand est intervenue pour le groupe.

Seul le prononcé fait foi


Tout comme l’eau, le soleil est, à sa manière, un bien commun : il est une condition à la vie, il rend des services de régulation des écosystèmes en chauffant la terre et son atmosphère, et nous pouvons transformer son activité en énergie.

Une énergie locale puisqu’elle est partout et gratuite – l’une des rares choses que l’Homme n’ait pas réussi encore à transformer en marchandise – même si le projet Zuhri de la Chine vise à créer une vaste centrale commerciale de 2 GW dans l’espace d’ici 2050 – et surtout c’est une énergie inépuisable. Avec une espérance de vie du soleil d’encore 5 milliards d’années, nous pouvons nous permettre de voir loin et de voir grand en termes de déploiement de l’énergie solaire.

Ce plan Métropole solaire permet d’abord de faire exister le solaire dans le mix énergétique de notre territoire. Si la production d’électricité solaire a doublé sur les années 2015-2020, nous partons de très loin. En 2020, moins de 1% de l’électricité consommée sur notre territoire était d’origine solaire : 61 GWh/an sur un total consommé de 7 730 GWh/an.

On doit dire, au passage, merci à l’Europe qui a su dès les années 1980, favoriser le recours à l’énergie solaire. L’Union européenne a œuvré pour le développement de l’industrie du solaire tant thermique que photovoltaïque, pour lutter contre l’installation de capteurs asiatiques. Nous avons alors pris beaucoup de retard en France avec une politique financière pénalisante, notamment pour l’équipement photovoltaïque (je pense ici aux tarifs de rachat d’électricité par EDF très dissuasifs pendant un long temps).

Je ne dirai pas qu’à toute chose malheur est bon, mais la crise énergétique dans laquelle nous sommes, les prix faramineux de l’énergie fossile sont une bonne raison de rebondir, en changeant définitivement nos recours aux énergies classiques qui sont des énergies, qui plus est, moteurs de guerres.

Aujourd’hui que RTE, comme ENEDIS, sont favorables aux énergies renouvelables, il nous faut développer le photovoltaïque pour ne pas manquer d’électricité bas carbone à court terme et couvrir nos besoins au-delà de l’horizon 2030-2035 avec une sortie planifiée du nucléaire.

L’essor du solaire doit être une priorité car une dynamique est lancée à tous les niveaux, comme l’illustre le programme « REPower EU » de la Commission européenne, dont le but est de quadrupler le photovoltaïque d’ici 2030. Les moyens alloués pour développer le solaire à tous les échelons, combinés au potentiel d’ensoleillement assez fort de notre territoire sont autant de bonnes raisons de ne pas rater ce rendez-vous et de jouer pleinement notre rôle.

Le rôle direct de la Métropole est assez simple : il « suffit » avec des guillemets, d’implanter massivement des installations solaires sur notre patrimoine. Le travail est déjà bien lancé, avec la solarisation des toitures de nos stations d’épurations ainsi que de nos collèges.

Ces réalisations auront, sans nul doute, un effet d’entraînement pour des initiatives de collectivités, même si certaines n’ont pas attendu et installé déjà du solaire sur leur patrimoine. La première installation solaire photovoltaïque en autoconsommation de la Métropole a été installée en décembre 2018 à Villeurbanne, après l’équipement solaire de plusieurs écoles. Le Sigerly, de son côté, après un « stand-by » de ses montages communaux photovoltaïques dans le mandat précédent, relance son action. Des technologies parfois un peu balbutiantes des années 80 – je pense aux moquettes solaires des piscines – on est passé à des technologies largement éprouvées. Rien ne s’oppose à l’équipement des communes.

Ce sont les actions indirectes de la Métropole qui vont nécessiter le plus d’énergie, de suivi, mais qui produiront des effets au long cours :

  • Soutenir les initiatives citoyennes avec Coopawatt, qui porte des projets notamment dans le Val de Saône et à Villeurbanne ;
  • Permettre aux projets privés de se développer, en encourageant notamment le développement du photovoltaïque dans le PLU-H ;
  • Et surtout coordonner toutes les énergies publiques ou privées qui se retrouvent parfois seules face à des questions techniques, règlementaires ou financières.

C’est justement tout l’enjeu du « Club solaire », qui jouera ce rôle de coordination, de mise en relation et de montée en compétences des différents acteurs : communes, entreprises, syndicats, etc. Réussir à créer des synergies en la matière est une condition sine qua non pour massifier notre production solaire et décarboner nos productions et nos consommations énergétiques.

Mais n’oublions jamais, in fine, qu’on ne peut penser la production d’énergie, quelle qu’en soit la source, indépendamment de la consommation. Miser sur une énergie renouvelable, sur l’efficacité et la sobriété énergétique implique des changements majeurs dans l’ensemble des secteurs de notre société. L’Agence locale de l’énergie et du climat a de beaux jours devant elle !

Je vous remercie de votre attention.