Emmanuel Giraud sur la modification du projet Part Dieu

Emmanuel Giraud sur la modification du projet Part Dieu

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Le développement de notre Métropole a longtemps répondu à un modèle d’intensité urbaine basé sur une combinaison densification/massification ayant pour objectif louable d’une maîtrise de la consommation d’espaces et d’une optimisation des usages d’équipements ou des dessertes par les transports en commun.

La ville de Lyon a d’ailleurs regagné 100 000 habitants depuis les années 90, essentiellement grâce à la densification

Ce modèle de ville compacte et d’intensification urbaine est aussi prôné par l’Etat et inscrit dans la récente loi Climat et résilience à travers le chantier « Zéro artificialisation Nette ». Même le rapport de la conférence citoyenne pour le climat émet des propositions pour la densification de la ville existante.

Pour aborder plus sereinement ce débat du projet Part-Dieu, le vrai sujet est bien sûr celui de la qualité urbaine, qui lui-même conditionne l’acceptabilité de la densification. Finalement, tout est question de curseur !

Force est de constater que le projet Part-Dieu dans sa programmation actuelle positionnera le curseur d’acceptabilité du projet dans le rouge.

Nous sommes toutes et tous convaincus qu’il faut changer de modèle : construire une Métropole à taille humaine, avec une activité économique diversifiée, avec une cohabitation de toutes les mobilités. Et surtout une Métropole habitable où l’on peut se loger.

C’est une demande forte des habitants et habitantes qui ne peuvent accepter de vivre à des dizaines de kilomètres de leur lieu de travail. C’est une demande récurrente des entreprises car le manque de logements est un frein à leur attractivité et nous l’avons évoqué dans une délibération précédente sur la politique du logement social. Ce nouveau modèle que nous proposons passe par des réorientations fortes de projets déjà engagés. L’opération Part-Dieu l’illustre parfaitement.

Notre groupe retient notamment que le programme de construction modifié :

  • Diversifie l’offre résidentielle (étudiants, jeunes actifs, logements intergénérationnels).
  • augmente la part de logements sociaux (plus de 1200 m²)
  • inclut une part de logements en bail réel solidaire pour qu’au cœur de la Métropole on puisse encore trouver des formes de propriété à un prix abordable, ouvertes à la fois à celles et ceux qui accèdent à leur premier logement comme à celles et ceux qui ont vécu dans un appartement locatif social et veulent accéder aujourd’hui à une nouvelle forme de logement.

Pourquoi soutenir il y a moins d’une que la ville de Lyon ne construirait pas suffisamment de logements dans les années à venir et ne pas faire preuve de bienveillance lorsque l’on fait plus de place au logement social dans ce projet majeur situé en cœur de Ville ?

Enfin au plan économique, nous n’oublions pas que la Part-Dieu est le deuxième pôle tertiaire et de décision de France. Bien sûr le volume d’emploi y est porté par les grands comptes et les grandes entreprises.

Mais aujourd’hui nous sommes là encore dans un moment de transition. D’abord le marché de la Part-Dieu est actuellement tiré par les TPE et les PME qui sont à la recherche de surfaces beaucoup plus restreintes.

Par ailleurs, il subsiste beaucoup d’inconnu sur les formes que va prendre le travail notamment dans les grandes entreprises. Je pense bien sûr à l’éventuelle augmentation du télétravail. On manque encore de recul mais la sagesse nous pousse à ne pas envisager un développement comme on le pensait des années 1970 aux années 2010. Désormais les entreprises tertiaires privilégient le principe du Flex Office, selon un ratio de 0,7 ou 0,8 poste par personne. Il nous faut désormais une offre immobilière plus flexible et plus sobre.

« Ce que je trouve intéressant dans la configuration de l’agglomération, c’est cette multiplicité des pôles et la volonté de la Métropole, c’est de rééquilibrer le territoire entre son centre et sa périphérie. C’est ce qu’avait fait la majorité précédente en créant de nouveaux parcs tertiaires. On ne peut pas décréter qu’elles iront toutes à Givors. Il faut que des infrastructures répondent à l’accessibilité de ces nouvelles zones comme au Carré de Soie, à Vaise ou Gerland »

Ces propos ne sont pas les miens, j’ai bien trop de respect pour la commune de Givors. Ils ont été tenus par le Pdt départementale de la FNAIM entreprises dans une interview dans le dernier Nouveau Lyon du mois d’Octobre.

Si les professionnels de l’immobilier le disent, alors cette orientation ne constitue pas à l’évidence une erreur d’appréciation. Vive la multipolarité économique à la Part-Dieu, au Carré de Soie, à Gerland…et surtout à Vaise !

Oui, pour éviter l’asphyxie, il nous faut moins massifier

Oui, pour éviter l’asphyxie, il nous faut mieux équilibrer l’accueil d’entreprises sur un ensemble de sites économiques dédiés déjà existants en renouvellement urbain (Vaise, CDS bien connectés par les transports en commun, au sein de la Métropole.

Notre groupe votera très favorablement ces modifications d’un projet emblématique, répondant mieux aux nouveaux enjeux sociétaux de notre Métropole