Michèle Edery sur les contrats de plan 2022-2026 avec les OPH de la Métropole de Lyon

Michèle Edery sur les contrats de plan 2022-2026 avec les OPH de la Métropole de Lyon

Les contrats de plan 2022-2026, proposés avec chacun des 3 OPH, visent à orienter la contribution des OPH aux politiques métropolitaines de l’habitat et du logement. Ils sont le support d’une contractualisation d’objectifs et de financement. Ces contrats revêtent une importance particulière face à une crise majeure du logement qui couve depuis plusieurs années maintenant. Michèle Edery est intervenue pour le groupe.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues

Alors que le 82ème congrès HLM se tient aujourd’hui à Lyon, il est intéressant d’évoquer la question du logement social au sein de notre Conseil.

Le logement social connaît aujourd’hui une crise sans précédent : crise de l’offre, crise du mal logement, crise du logement étudiant, crise du prix du logement, crise de l’hospitalité, crise énergétique.

Les conséquences de ces crises sont inquiétantes :

  • 15 millions de personnes fragilisées par la crise du logement en France ;
  • La hausse des loyers du parc privé, un parc social saturé générant des attentes de réponses sur plusieurs années et des mutations très difficiles ;
  • Le poids grandissant du logement dans le budget des familles (60%) avec la hausse des factures de gaz, et de l’électricité, sans parler des passoires énergétiques ;
  • Une crise du logement qui touche, au-delà des personnes précaires, qui percute tout le monde (jeunes comme personnes âgées) et qui fragilise encore plus les personnes en situation de précarité.

Les politiques menées par l’État en la matière depuis plusieurs années ne sont pas à la hauteur et chacun, collectivités territoriales comme professionnels du logement s’accordent pour dénoncer le manque d’ambition gouvernementale, l’immobilisme avec la non prise en compte de cette problématique, le retard pris dans la construction de logements sociaux depuis sept ou huit ans et la construction à l’arrêt depuis cinq ans, l’absence d’un ministère du logement.

Et que dire des mesures prises qui ont aggravées la crise : diminution des APL, coupes budgétaires et diminution des ressources aux bailleurs sociaux, affaiblissement de la loi SRU avec la loi 3DS alors qu’il aurait fallu la renforcer.

Dans notre Métropole, plus de 30 000 demandes de logement social supplémentaires sont à enregistrer depuis le début du mandat sur Lyon. Un retard important a été pris dans la réhabilitation du parc HLM. L’état du bâti est très dégradé, et lors de la cession à LMH, l’OPAC n’a pas été réhabilité.

Les besoins de réhabilitation sont si importants que la Métropole doit faire des choix et prioriser les dossiers.

Le choix fait à une époque de la démolition de logements sociaux à outrance n’a pas arrangé les choses parce qu’il a généré le besoin de relogements des foyers dans une situation déjà tendue.

Enfin, la Métropole doit faire face au retrait financier de la région AURA dans plusieurs projets de réhabilitation, de la politique de la ville ou de la rénovation urbaine des QPV.

Pour faire face à cette situation critique, la majorité métropolitaine a élaboré en 2 ans une stratégie globale en utilisant tous les leviers à sa disposition : politique foncière volontariste trois fois plus importante, financement de 130 M€ sur trois ans pour soutenir le logement social, 30 M€/an, offre de logements diversifiés à prix abordable comme l’opération Maurice Scève, construction de 1 000 logements par an en BRS, encadrement des loyers, logements pour les jeunes comme la résidence Thomas More, logements d’urgence pour les mères isolées et accueil des MNA ; mais aussi renforcement des rénovations grâce à Ecorénov, déblocage des dossiers de réhabilitation État-Métropole, lutte contre les marchands de sommeil et le logement insalubre, politique d’hospitalité ou encore la TAM dont nous venons de parler.

Difficile de faire mieux pour une collectivité qui semble seule à défendre cette problématique.

Faut-il rappeler que le logement social fait partie des éléments constitutifs du pacte républicain qui prône la dignité humaine et l’égalité des droits au logement non négociables ?

Et seule une action forte de l’État et une réelle solidarité territoriale pourraient répondre à ce défi !

Car c’est d’un véritable plan Marshall de la construction dont nous avons besoin si nous ne voulons pas que le logement devienne la future bombe sociale.

Les élus Socialistes, la gauche sociale et écologique & Apparentés dénoncent cet immobilisme et voteront pour ce rapport.

Je vous remercie.