Philippe Prieto sur l’adoption du SPASER

Philippe Prieto sur l’adoption du SPASER

Seul le prononcé fait foi


 » Il est question ici de mobiliser la capacité financière de la ville, près de 200 M€ par an pour les achats, pour agir en faveur de la transition écologique, de l’inclusion sociale et de l’efficacité économique.  Pour cela  nous mettons en place de nouvelles grilles de sélection de  nos fournisseurs qui permettent d’évaluer l’impact de leurs offres .De plus nous  nous donnons comme objectif de favoriser l’accès à nos marchés aux acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire. « 

Philippe Prieto

Monsieur le Maire,

Madame la Première Adjointe,

Mesdames Messieurs,

Chers collègues

J’interviens au nom des trois groupes de la majorité pour expliquer le nouveau schéma de promotion des achats socialement écologiquement responsable pour la période 2021-2026.

Notre projet s’inscrit en continuité des démarches entamées par la Ville de Lyon durant les 3 derniers mandats  et c’est en particulier lors du précédent en  2016 que la ville de Lyon avait choisi -Justement on s’appuyant sur la loi de juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, dites aussi loi Hamon- d’adopter un schéma de promotion des achats responsables dans le cadre d’une stratégie volontariste en matière d’achat durable.

Un premier bilan a été réalisé : Il reste beaucoup à faire !

Alors, nous pourrions simplement dire que nous sommes dans une démarche qualité, d’amélioration permanente, qui consiste à partir d’un bilan à en tirer des enseignements pour améliorer la stratégie d’achat de la ville.

C’est en réalité  bien plus ambitieux au regard des enjeux environnementaux sociaux et économiques auxquels nous somme confrontés.

Il est question  de mobiliser la capacité financière de la ville, près de 200 M€ par an pour les achats, pour agir en faveur de la transition écologique, l’inclusion sociale et l’efficacité économique. Pour cela  nous mettons en place de nouvelles grilles de sélection pour  nos fournisseurs qui permettent d’évaluer , avec des  critères et leurs indicateurs associés, l’impact de leurs offres .De plus nous  nous donnons comme objectif de favoriser l’accès à nos marchés aux acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire. 

Je réfute les critiques ou les craintes de l’opposition sur les distorsions concurrentielles que nous introduirions  et sur l’insuffisance du tissu de l’Economie Sociale et Solidaire.

Il n’y a pas de marché parfaitement concurrentiel et  c’est justement le rôle des pouvoirs publics de mettre en place des conditions de régulation pour réduire ce  que les économistes appellent des imperfections de la concurrence.

Nous assumons pleinement cette conception.

Et nous savons aussi que la poursuite des intérêts privés ne conduit pas toujours à la réalisation de l’intérêt de tous.

Elinor Ostrom, seule femme avoir reçu le prix Nobel de sciences économiques a conclu à la nécessité que ce soient les plus impliqués , les plus « locaux » qui puissent gérer les biens communs et donc dans cette perspective nous assumons aussi que les pouvoirs publics puissent prendre part à la gestion des ressources environnementales considérées comme des biens communs.

Puisqu’il est question d’économie, je voudrais, pour mieux éclairer notre intention politique aborder un principe simple celui des externalités ou effet externes. 

Ce sont les actions d’un agent économique, une entreprise par exemple, qui ont un impact positif ou négatif sans compensation monétaire sur le bien être d’autres agents , par exemple la population.

Du coup, lorsque un agent économique créé une externalité positive, il n’est pas encouragé à accroître son activité puisqu’il n’est pas récompensé, 

tant qu’il n’est pas rémunéré pour sa contribution au bien être collectif, l’émetteur d’une externalité positive opte pour un niveau d’activité sous optimal 

et c’est comme cela que la part de l’ESS reste très minoritaire.

Et nous le regrettons alors qu’elle compte de véritables  fleurons dans les domaines bancaire, de l’assurances, de la santé et aussi ceux de la production de biens et de service. De belles entreprises, de belles mutuelles, de belles associations, qui sont autant d’atouts pour dynamiser notre politique d’achat 


A l’inverse un agent économique qui crée une externalité  négative n’a pas intérêt à réduire son activité  tant qu’il n’en subit pas les coûts. Les dégradations environnementales créent des externalités négatives  que le marché seul ne peut pas réguler.

L’intervention publique est donc nécessaire pour financer les activités porteuses d’externalités positives.

C’est le sens de la nouvelle grille de sélection  que nous souhaitons voir entrer en vigueur dès le 1er octobre  qui introduit donc de nouveaux critères avec des indicateurs de réussite précis  pour chacun des objectifs .

Elle est organisée autour de 4 thématiques :

1) Un achat public au service de la transition écologique
pour diminuer les impacts négatifs climatiques et environnementaux , prendre en compte le cycle de vie complet de l’achat, dans une optique de sobriété (réduction des Gaz à Effet de Serre, des déchets, économe en ressources, respectueux de la biodiversité etc..tout en valorisant l’amélioration continue

2) Un achat public au service d’une ville plus inclusive

qui favorise la diversité, l’égalité entre les sexes, l’insertion des publics éloignés de l’emploi et aussi l’amélioration des conditions de travail

3) Un achat public au service de la protection de la santé et d’une alimentation saine des habitant.e.s et des agent.e.s de la Ville
Avec par exemple 75% de produits durables dans les cantines scolaires  avec un soutien à l’agriculture locale non intensive 

Pour contribuer à une meilleure qualité de l’air intérieur et à la diminution des perturbateurs endocriniens

4) Un achat public au service d’un développement économique responsable et vertueux du territoire 

en favorisant l’accès des acteurs du territoire aux marchés,
en privilégiant les acteurs de l’ESS et les TPE

Nous installerons un comité de pilotage qui en se réunissant deux fois par an pourra  suivre objectivement l’avancement de notre projet de l’ajuster éventuellement.

Nous accompagnerons évidemment les entreprises dans les transformations qu’elles auront à accomplir par des actions de sensibilisation, d’information ou de formation et nous installerons avec elles des relations plus partenariales. C’est aussi notre responsabilité.

Ce volet est fondamental parce que nous ne sommes pas dans l’injonction et que comme nous le rappelle Jean Jaurès  « Le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. »  


Nos entreprises en tireront des avantages multiples , en terme de performance ,il est par exemple prouvé que plus de femmes dans les équipes dirigeantes accroit l’efficacité 

en terme de capacité à répondre à des appels d’offres qui intègrent ces critères et finalement en terme de différenciation  concurrentielles 

La Ville de Lyon est résolument engagée  pour mettre sa capacité d’intervention publique au service de ces enjeux et nous nous tournerons vers les autres grands acheteurs locaux, la Métropole, le Sytral le CCAS et d’autres sans doute pour faire converger nos actions et nos outils.

Alors parce que nous ne manquons pas de courage, chère Audrey, que nous sommes portés par l’idéal du bien commun, et que nous sommes au rendez vous de la réalité   

Les 3 groupes de la majorité, Monsieur le Maire, appellent à un vote favorable sur cette délibération