Renaud Payre en introduction de la délibération sur la GSUP

Renaud Payre en introduction de la délibération sur la GSUP

Renaud Payre, vice-président au logement, à l’habitat et à la politique de la ville, rapportait ce matin lors du Conseil du 15 mars la délibération sur la gestion urbaine et sociale de proximité. Vous trouverez ci-dessous son texte d’introduction. Pour lire l’intervention de Michèle Edery qui s’est exprimée au nom du groupe sur le sujet, c’est par ici.

Seul le prononcé fait foi


Monsieur le président, chers collègues,

La politique de la ville, la politique pour les quartiers populaires, est bien trop souvent illisible. Et ce n’est pas la qualité de la campagne présidentielle actuelle qui est de nature à nous rassurer tant le thème en est absent. Ce ne sont pas non plus les incertitudes qui pèsent encore sur le futur contrat de ville pour lequel nous devrons toutes et tous rester mobilisés.

La politique de la ville est régulièrement confondue avec le renouvellement urbain. Le renouvellement urbain nous occupe bien sûr fortement. Mais ce renouvellement nous voulons qu’il soit repensé. Il se confond trop souvent avec un tout démolition qui mécaniquement introduirait une future mixité accrue des populations et une nouvelle attractivité.

Le tout démolition est une aberration écologique, économique et sociale. Car la politique de la ville doit d’abord et avant tout s’adresser aux habitants et habitantes des quartiers concernés et à ce qu’ils et elles souhaitent. Je n’ai jamais vu une adhésion totale aux démolitions, aux relogements. Je rencontre en revanche beaucoup depuis 18 mois des hommes et des femmes attachés à leur quartier. Un quartier qu’ils veulent plus sécurisé, plus tranquille, plus propre et offrant des perspectives aux jeunes.

C’est bien le sens de notre nouveau cadre d’intervention en matière de Gestion sociale et urbaine de proximité. En reconduisant l’enveloppe de 1,35 millions d’euros, nous manifestons notre attachement à ce mode d’intervention. Il souffrait jusqu’alors d’un réel manque de lisibilité sur les conditions et critères des financement des actions comme d’un manque d’équité dans les répartitions des subventions entre quartiers et communes.

L’équité territoriale nous guide dans l’ensemble de nos actions. En matière de politique de la ville, il fallait absolument la rétablir. Nous avons introduit un financement en fonction du nombre d’habitants tout en proposant une fourchette : entre 3 et 6 euros par habitant dans les quartiers politique de la ville.

Nous avons eu aussi une attention particulière aux quartiers de veille active isolés qui souffrent d’une absence de financement et peuvent vite basculer (entre 1 et 3 euros par habitant). Le reliquat de l’enveloppe permettra de financer des expérimentations et d’être attentifs aux co-propriétés fragiles.

Enfin il fallait redonner du sens sur les critères de financement. L’amélioration du cadre de vie dans nos quartiers populaires nécessite un investissement plus fort. Elle ne peut se faire sans la mobilisation des habitants et habitantes eux-mêmes.

C’est notre premier critère : participation ou co-construction. Notre deuxième critère concerne la contribution de toutes et tous à la transition écologique. Le cadre de vie s’améliorera par la transformation des usages, la propreté, la création d’espaces végétalisés et partagés vecteurs de lien social.  Enfin, le troisième critère renvoie à l’insertion socio-professionnelle. Il faut embarquer et offrir des perspectives à celles et ceux qui n’ont plus d’activité. Le troisième critère est donc l’insertion socio-professionnelle.

Ce nouveau cadre de la gestion sociale et urbaine de proximité est pour nous essentiel tant il est à même de renforcer le lien social dans les quartiers. Ce qui devrait être la priorité de toute politique de la ville.

Je vous remercie.